dimanche 22 novembre 2015

Le voile, son histoire par M. Kacimi

Le voile, son histoire



Depuis des années, tout le monde parle du voile, de plus en plus de personnes portent le voile, pas seulement à Bamako ou au Caire, mais aussi à Londres, Paris ou New York.
Symbole religieux ou signe religieux? Que signifie ce carré de tissus qui met la planète en émoi?
Intrigué par autant de questions, j'ai décidé de consacrer quelques semaines de mes vacances à compulser  les livres d'histoire religieuse pour remonter aux racines du signe, pour ne pas dire du mal.
Et là, en remontant au plus loin des traces écrites des civilisations antiques, en fouillant dans les annales des histoires sumériennes, j'ai  découvert avec stupéfaction que le voile découle à l'origine d'une illusion optique.
En effet, une croyance sémitique très ancienne attestée en Mésopotamie, considérait la chevelure  de la femme comme le reflet de la toison pubienne!

«Les prostituées ne seront pas voilées»

Donc, il a fallu très tôt lui couvrir la tête, afin de lui occulter le sexe! Cette croyance était si répandue dans les pays d'Orient, notamment en Mésopotamie, qu'elle a fini par avoir force de loi.
Aussi, le port du voile est-il rendu obligatoire dès le XIIe siècle avant J.-C. par le roi d'Assyrie, Teglat Phalazar Ier:
«Les femmes mariées n'auront pas leur tête découverte. Les prostituées ne seront pas voilées.»
C'était dix-sept siècles avant Mahomet et cela se passait en Assyrie, l'Irak d'aujourd'hui.
Dans la Bible hébraïque, on ne trouve aucune trace de cette coutume, cependant la tradition juive a longtemps considéré qu'une femme devait se couvrir les cheveux en signe de modestie devant les hommes.

Le voile comme instrument de ségrégation pour l'Eglise

Il faudra attendre l'avènement du christianisme pour que le voile devienne une obligation théologique, un préalable à la relation entre la femme et Dieu.
C'est saint Paul qui, le premier, a imposé le voile aux femmes en avançant des arguments strictement religieux. Dans l'épître aux Corinthiens, il écrit:
«Toute femme qui prie ou parle sous l'inspiration de Dieu sans voile sur la tête, commet une faute identique, comme si elle avait la tête rasée. Si donc une femme ne porte pas de voile, qu'elle se tonde; ou plutôt, qu'elle mette un voile, puisque c'est une faute pour une femme d'avoir les cheveux tondus ou rasés.»
Et plus loin:
«L'homme, lui, ne doit pas se voiler la tête: il est l'image et la gloire de Dieu, mais la femme est la gloire de l'homme. Car ce n'est pas l'homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l'homme, et l'homme n'a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme. Voilà pourquoi la femme doit porter sur la tête la marque de sa dépendance.»
L'Eglise s'en servira à l'égard des femmes, pour les considérer comme des créatures inférieures par nature et selon le droit.
On voit qu'à l'origine, le voile est utilisé comme un instrument de ségrégation qui fait de la femme un être inférieur, non seulement vis-à-vis de l'homme mais aussi de Dieu.
Il est intéressant de noter que ce passage des Corinthiens est repris aujourd'hui par la plupart des sites islamistes qui font l'apologie du foulard.

Et dans l'islam?

Sept siècles plus tard naît l'islam. Le Coran consacre au voile ces passages:
«Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu'elles rabattent leur étoffe sur leurs poitrines.» Coran (24: 31)
Enfin dans la sourate 33, Al-Ahzab (les Coalisés), au verset 59, il est dit:
«Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles de grandes étoffes: elles en seront plus vite reconnues et éviteront d'être offensées.» Coran (33 : 59)
Sans vouloir être aussi pointilliste que les orthodoxes, je ferai remarquer que nulle part dans ces sourates, il n'est fait explicitement mention de voile (hijab) recouvrant le visage, cachant les cheveux et encore moins tout le corps.
Dans la première sourate, le Coran appelle simplement les croyantes à recouvrir leurs poitrines. La très sérieuse Encyclopédie de l'Islam (éd. Leyde) apporte cette explication:
«Dans l'Arabie préislamique, une coutume tribale voulait que durant les batailles, les femmes montent en haut des dunes et montrent leurs poitrines à leurs époux guerriers pour exciter leur ardeur au combat et les inciter à revenir vivants afin de profiter de ces charmes.»
Le verset en question aurait été inspiré au Prophète pour instaurer un nouvel ordre moral au sein des tribus. Quant au deuxième verset, il a fait l'objet de maintes lectures et controverses, la plus intéressante étant celle d'un grand imam qui, à l'âge d'or de Bagdad, au IXe siècle, en fit cette originale lecture:
«Le Seigneur n'a recommandé le voile qu'aux femmes du Prophète, toute musulmane qui se voilerait le visage se ferait passer à tort pour la sienne et donc sera passible de 80 coups de fouet.»
Le voile est resté depuis le signe distinctif des riches citadines et demeura inconnu dans les campagnes où les hommes ne songeaient pas à voiler les femmes en raison des travaux qu'ils leur confiaient.

Un avant et après «Révolution iranienne de 1979»

C'est la Révolution iranienne de 1979 qui entraîne la généralisation du voile. Le hijab, innovation sortie tout droit de la tête des tailleurs islamistes, a supplanté dans les pays du Maghreb le haïk traditionnel, un carré de tissu blanc.
Bien sûr, ce sont là les signes d'une société arabo-musulmane en crise, sans projet, sans perspectives, soumise à des régimes totalitaires et qui n'a pour unique espace de respiration, d'utopie, que la religion.
Pierre Bourdieu expliquait que dans l'Algérie coloniale, l'homme colonisé renvoyait sur la femme toute la violence subie de la part du colonisateur. Désormais, l'homme musulman renvoie sur la femme tout le chaos que lui fait subir la crise planétaire.
Dans ces pays sans libertés, l'islamisme fonctionne comme une eschatologie. Il efface toutes les aspérités de la vie pour ne faire miroiter que les plaisirs de «son vaste paradis».

L'islam à l'origine: une religion d'Etat et de conquête

Ici se pose également la question de la place de l'islam chez l'Autre. Contrairement au judaïsme qui s'est forgé dans l'exil, au christianisme qui s'est inventé durant les persécutions, l'islam est venu au monde comme une religion d'Etat et une religion de conquête.
Il n'a pas été souvent minoritaire et la place qu'il a accordée aux autres religions n'a pas été un exemple de tolérance. Et qu'on en finisse également avec cette parité des signes religieux.
A Rome ou à Jérusalem, on ne lapide pas ceux qui ont oublié leur croix ou leur étoile de David, en revanche, de Téhéran à Khartoum, de Kaboul à Casablanca, chaque jour des femmes sont violées, vitriolées, assassinées, fouettées ou licenciées parce qu'elles ne se sont pas couvert le visage et le corps.
Le hijab est l'effacement et l'abolition virtuels de la femme. Tous les écrits fondamentalistes l'affirment, «le voile est obligatoire car il doit cacher la aoura (parties du corps) de la femme».
C'est-à-dire que tout son corps est perçu comme une partie honteuse. Le hijab joue la fonction que lui a assignée Paul, il y a deux mille ans: signifier à la femme en public qu'elle est un être inférieur, bonne à museler.
Toute fille pubère est donc perçue comme une partie honteuse. Elle est éduquée pour se percevoir, depuis l'âge de 8 ans, comme un objet sexuel potentiel qui doit être dérobé aux yeux de la foule concupiscente.
Derrière chaque voile, il y a trois mille ans de haine envers la femme qui nous regarde.
Mohamed Kacimi 
Romancier algérien, auteur notamment de La confession d'Abraham (Ed Folio Gallimard - 2012)

jeudi 19 novembre 2015

LA STUPIDOPHOBIE



La stupidophobie

Le juteux marché de la victimisation où la revanche de la majorité silencieuse

Les monsieur-tout-le-monde, les lambdas de ce pays, le citoyen du quotidien, exaspérés par tant de vacarmes sectaires, excédés par tant vociférations communautaires, submergés par l’agitation des minorités bruyantes, les engagés, enragés et enrageants, les prosélytes qui occupent l’espace médiatique avec leurs préoccupations célestes, leurs revendications vestimentaires grotesques et leurs idéologies d’un autre temps, se rebiffent.

Tel est le cas de Jacques, un jeune trentenaire, que j’ai croisé dernièrement dans mon petit café du Sud-ouest, je vous livre l’essentiel du contenu de notre entretien.  

Mon nom ne laisse aucun doute sur mes origines. « Vous êtes musulman, plutôt affirmatif qu’interrogatif », déduit-il. Oui et non, j’appartiens à cette culture, mais je ne suis pas croyant. Je suis Québécois d’adoption et Canadien de citoyenneté. « Vous n’êtes pas croyant, mais musulman. » Je suis plutôt athée, insisté-je. « Oui, athée, mais musulman. » J’ai baissé la garde. « Savez-vous ce qui m’agace dans toute cette histoire, se plaignit-il? » Sans attendre ma réponse, il dit : « c’est l’idée  qu’on propage sur les Québécois qu’ils sont des racistes. »

J’en ai ras le bol et le casque et la casquette de tous ces groupes qui ne cessent de revendiquer des privilèges et des accommodements de toutes sortes. Il pense que ce sont des formes de chantages qu’ils exercent sur la société en mettant en avant leurs appartenances confessionnelles et ethniques. Il en a par-dessus la tête de ces groupuscules qui le désignent coupable et qui le soupçonnent de manque d’empathie et d’indifférence vis-à-vis de leurs souffrances morales passées, présentes et celles à venir.
Ce sont toujours quelques groupes religieux intégristes de juifs, de musulmans, de chrétiens qui empoisonnent l’atmosphère avec leurs agitations nauséabondes, ils demandent des accommodements à la majorité silencieuse pour soi-disant vivre leur foi dans le respect des commandements de leur religion. Ils exigent qu’ils soient reconnus et respectés. « Est-ce que je leur ai demandé, moi, de respecter mon nudisme? Ai-je hurlé dans des manifestations contre la nudophobie, les ai-je qualifiés de nudophobes et les ai-je accusés de racisme? »

Il dit : tu es tranquille chez toi en train de siroter ta tisane et les voilà qui viennent frapper à ta porte. « Monsieur, vous n’aimez pas les étrangers?» Mais  de quels étrangers s’agit-il? «De tous les étrangers? Je ne connais aucun étranger pour le haïr. Mais alors vous n’avez aucune sympathie envers les étrangers. Et le verdict tombe : Vous êtes xénophobe!

Et l’autre groupe dont le représentant est toujours invité à la télévision. Il m’interpelle depuis cette lucarne. Vous n’aimez pas les juifs? Vous êtes judéophobe et antisémite. J’ai bien crié que je ne connais aucun juif pour le haïr. Vous êtes tout de même judéohobe parce que vous n’avez pas montré assez de sympathie envers notre minorité.

Un autre arrive et nous lance en pleine face ma femme et moi. Vous avez l’air de ne pas aimer les homosexuels, vous êtes homophobes. Et d’autres encore qui me sollicitent pour signer leurs pétitions sinon je suis islamophobe, négrophobe, que sais-je!

Et si la majorité des citoyens se fâche et commence à lancer ses propres organismes de lutte contre le machin-truc-phobie. On aura donc, pour juste les emmerder des instances pour dénoncer les tranquilophobes, les laïcophobes, les athéophobes, les libertophobes, les nudophobes, les christo-phobes, les bouda-phobes, les occidentalo-phobes, les démocrato-phobes, les philo-phobes, les arto-phobes.

Connaissez-vous l’origine de cette phobie-mania? Le bal a commencé lorsqu’un groupe ethnico-religieux, bien implanté dans les instances dirigeantes de quelques démocraties occidentales, a eu l’ingénieuse idée d’instituer le concept de machin-truc-phobie pour culpabiliser le reste des citoyens de leur pays en les interpellant et les sommant de se prononcer sur le degré d’amour et de sympathie qu’ils portent au machin-chose.

C’est une approche insidieuse basée sur la culpabilisation du citoyen qui n’a des fois et au fond  aucune idée sur la signification du suffixe «phobie». Il est informé du corps du délit puis accusé dans le même élan de machin-chose-phobie. Il a beau crier pour se défendre qu’il ne savait pas, qu’il n’était pas au courant, qu’il n’avait pas le temps de détester qui que ce soit. Mais monsieur lambda est coupable jusqu’à ce qu’il prouve son innocence, son procès est instruit en amont parce que nul n’est sensé ignorer la souffrance des autres ou d’avoir une peur irraisonnée du machin-truc. Vous êtes islamophobe, judéophobe, homophobe, arabophobe, sinophobe, xénophobe, claustrophobe. On met le citoyen sur la défensive, il doit démontrer qu’il aime bien le machin-truc. Il jure par tous les noms d’oiseaux et des dieux de toutes les religions qu’il n’avait jamais pensé  haïr quelqu’un ou quelque chose en dehors de la guerre. Il se retrouve dans une position dangereuse de se justifier. Pourquoi a-t-il une peur irraisonnée des juifs, des musulmans, des Haïtiens, des Chinois, des Arabes, des crabes etc..? 

Montrez-nous disent les nouvelles que vous n’êtes pas animalo-phobe?

Message reçu cinq sur cinq, lui dis-je. Et que pensait-il d’un mouvement de lutte contre la stupidophilie. Entièrement d’accord, dit-il. Allons, donc, fonder le front du refus global de la stupidité ambiante.

lundi 16 novembre 2015

Réponse à R. Martineau et à G. Bouchard



Réponse à Richard Martineau et à Gérard Bouchard

Vous dites, dans votre article paru dans La Presse du 19 septembre dernier, je cite : « À ma connaissance - et je serais heureux de me tromper -, les médias n'ont pas rapporté d'interventions de musulmans pour se distancier de ce geste. C'est malheureux. Leur silence résonne comme une approbation et il accroît le malaise parmi les citoyens comme moi qui souhaitent un rapprochement entre cette minorité et la majorité culturelle québécoise. »

Mais de quels musulmans parlez-vous? Vous mettez les musulmans, malgré leur grande diversité politique et ethnique, dans le même panier comme s’ils étaient un bloc monolithique. Savez-vous que ce mot générique que vous utilisez peut contenir des musulmans laïcs, des agnostiques, des athées, des bouddhistes, des zens, des démocrates, des libéraux, des conservateurs et d’autres de gauche et d’autres de droite sans parler de la grande majorité d’entre eux, les sans couleur politique et les sans doctrine et les sans appartenance aucune. Sur cette question, je vous renvoie à mon article ici : http://quebec.huffingtonpost.ca/sek-beddiari-/voix-des-musulmans-prise-en-otage_b_6044826.html

Cette approche de désigner les musulmans comme un troupeau, une masse indifférenciée, ne ferait que renforcer les groupuscules islamistes qui se présentent comme leur représentant et leur défenseur. Moi, j’aimerais bien intervenir mais plus à titre de citoyen canadien issu d’un pays de culture arabe et musulmane, berbère d’ethnie et sans confession religieuse aucune. Je ne veux pas être essentialisé comme musulman. Dans votre billet vous ne dites pas que votre intervention est faite par un catholique, vous vous présentez comme citoyen d’abord n’est-ce pas! Je ne comprends pas cette insistance à définir tous les immigrants provenant de ces pays comme musulmans, pourquoi pas Arabes ou Berbères ou Kurdes ou Druzes ou Touaregs ou Pachtounes ou carrément citer leurs pays d’origine comme Sénégalais, Pakistanais, Tunisiens, Égyptiens, Indonésiens, Turques, Irakiens, etc..
Je me sens tout de même interpellé par votre constat, vous dites qu’il n’y a pas eu de réactions de nos concitoyens « musulmans ».

Monsieur Bouchard vous n’avez pas vu les réactions des musulmans ordinaires, ce que j’appellerai, moi, les musulmans du quotidien parce que ces questions ne les intéressent peut-être pas, ou qu’ils n’ont pas le temps de réagir, occupés qu’ils sont à chercher du travail, ou qu’ils ont d’autres chats à fouetter, assurer la nourriture à leurs familles ou qu’ils ne se considèrent pas impliqués. Peut-être qu’ils sont tout à fait heureux de vivre sous les lois du pays en toute quiétude. Ou peut-être qu’ils prennent ces questions pour de la sophistique de gens désœuvrés et vivant dans l’aisance qui n’abordent jamais leurs véritables préoccupations, celles reliées à la précarité de leur situation économique, leur chômage endémique et leur pauvreté.

Les musulmans autres que les engagés-enragés islamistes de tous bords ne s’expriment pas et ne prennent pas de positions, reprochez-vous dans votre papier. Mais, monsieur Bouchard, quelqu’un les a-t-il consultés, les a-t-il invités à donner leurs avis. Comment allez-vous découvrir les opinions de ces autres musulmans, les invisibles et les divers?

En dehors des musulmans engagés dans des mouvements islamistes, la grande majorité, les musulmans du quotidien ne se préoccupent que de leur survie économique. La question de la loi 59, il se peut qu’ils n’aient jamais entendu parler comme les recommandations de votre commission d’ailleurs. Ils n’ont probablement aucune idée sur la teneur de cette loi 59. Un peu comme l’ensemble de la population du Québec et du Canada.
Et supposons qu’ils ont entendu parler de cette loi et les commentaires des imams et des prédicateurs comment procèderont-ils pour faire entendre leur voix? Comment auront-ils accès aux médias, les journaux, les radios, les télévisions. Les journalistes vont-ils passer chez eux, taper à la porte et demander ce qu’ils pensent des élucubrations des Elmenyawi et des Charqaoui.

Et supposons encore qu’un musulman lambda, choqué par les propos des islamistes, pris subitement par une envie irrésistible d’intervenir dans l’espace public, pour, au moins, apporter son point de vue, pour exprimer son opposition et son indignation et sa tristesse devant ces propos. Qui va lui tendre le micro de la radio ou de la télévision, qui va lui ouvrir les pages des journaux?
Vous savez comme moi M. Bouchard que les médias ne s’intéressent qu’aux sujets qui peuvent leur rapporter sur le plan de l’audience, mais aussi sur le plan de leur ligne éditoriale ou leur orientation politique et idéologique. Le musulman du quotidien va-t-il faire irruption, arme dans la main, dans les salles de rédaction pour exiger qu’il passe à l’antenne.

Cependant si vous regardez bien, vous trouverez, tout de même, quelques réactions de ces musulmans du quotidien qui ne passent jamais à la télévision, parce que leur discours n’est pas « vendeur» comme celui des 36 chats d’islamistes, pseudo-représentants de la communauté que les télévisions et les radios passent en boucle.

Malgré toutes les difficultés, ces rares personnes (originaires de pays arabes et musulmans qui abhorrent l’islamisme et le voile et le niqab, la burqa et le tchador) qui, à force d’abnégation et de persévérance et d’insistance, trouvent quelques espaces dans quelques petits journaux pour exprimer leurs opinions, mais personne ne les lit. Ces gens-là, on ne les voit jamais dans les médias lourds. (Voir liens ci-dessous)

La vérité est que personne (je parle des patrons décideurs de la chose médiatique) ne désire donner la parole à ces immigrants qui vivent en parfaite harmonie avec les lois et les institutions du pays. Cela ne cadre pas avec l’orientation générale des gouvernements québécois et canadien. Tout être raisonnable, jouissant de ses facultés de jugement du gros bon sens trouverait cet intérêt (porté aux islamistes) totalement ridicule, futile sinon intéressé. Pour remettre les pendules à l’heure et les islamistes à leur véritable place, disons que leur nombre ne dépasse même pas 0,01 % de la population du Québec[1], mais ils occupent en permanence les écrans de télévisions. Cherchez l’erreur ou le paradoxe!

SEK Beddiari


[1] Selon Frédéric Castel, membre de la Chaire de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté (CRIEC) de l'UQAM : 60 % des musulmans du Québec ne sont jamais allés dans une mosquée et 25 % disent s'y présenter de façon plus ou moins récurrente.

samedi 10 octobre 2015

Le mot de la faim



Le mot de la faim

Je vous écris depuis ma quinzième journée de jeûne forcé. Involontaire. Je n’ai pas fait une grève de faim pour dénoncer quelque chose ou contester une politique quelconque, rassurez-vous, mais, retenez bien votre rire ou votre étonnement, je manque de nourriture, c’est que je suis dans un état de dénuement très avancé. La pauvreté extrême. La dernière allocation que j’ai reçue du gouvernement est allée directement dans les poches de mon locateur. Le mois passé, j’ai fait l’épicerie au lieu de payer le loyer. Le propriétaire est entré dans une colère sans couleur, menaçant de m’expulser manu militari si je ne règle pas le montant en entier. Entre l’itinérance et la famine, j’ai opté pour cette dernière momentanément.

mercredi 25 septembre 2013

La sortie du roman ''Le Joueur'' de S.E.K. Beddiari




« Le Joueur » de S.E.K Beddiari. (Auteur néo-Québécois d’origine algérienne) Il vient de sortir aux éditions Beroaf.
www.beroaf.com


Disponible dans les endroits  suivants :
OLIVIERI, 5219, chemin de la Côte-des-Neiges, Montréal, Tél. : (514) 739-3639,
LIBRAIRIE DU SQUARE, 3453, rue Saint-Denis, Montréal, Tél. : (514) 845-7617
LIBRAIRIE BERTRAND, 3544, Avenue du Parc, Montréal, Québec, Tél. : (514) 849- 4533 ZONE LIBRE, 262, rue Sainte-Catherine Est, Montréal, Tél. : (514) 844-0756



Extrait du roman « Le Joueur » de S.E.K. Beddiari

Si, par malheur ou par bonheur, c’est selon, quelqu’un se reconnaissait dans « Le Joueur » ou dans l’un des protagonistes du jeu, cela ne reflèterait que son inclination à sa propre fantaisie. L’auteur et son fondé de pouvoir déclinent toute responsabilité dans la transformation des mœurs des lecteurs. Toute influence que cette histoire pourra exercer sur les gens et les états d’âme qu’elle induira ainsi que l’inspiration qu’éventuellement elle impulsera ne seront, en aucun cas, considérés comme l’effet direct et unique de son contenu. Nous reconnaissons, à la limite, que des interprétations diverses peuvent être faites, ce qui est le propre de toute création, mais ceci ne nous engage d’aucune façon quant à la conduite du public. Les produits dérivés et les impacts collatéraux sont légions dans tout acte, en temps de guerre ou de paix, et cette œuvre ne fera pas exception.
Ceux et celles qui adopteraient le mode de vie du « Joueur » ne répondraient qu’à leur propre fabulation, ils ne suivraient que leurs propres croyances et n’agiraient que pour leur propre compte. Ils combleraient, peut-être, un vide fort nécessaire de leur quotidien. Les autres qui seraient vulnérables aux vues fantasmagoriques du « Joueur », ils sont avertis. Et je leur dirai ceci : les humains sont, depuis toujours, à la merci de n’importe quelle thèse en vogue. Va-t-on instruire le procès de Bouddha, de Moïse, de Jésus, de Muhammad ou de Marx parce qu’ils ont implanté dans la tête de millions de personnes des vérités douteuses : les êtres se réincarnent, l’invention de la terre en six jours, la course du soleil autour de notre planète, le prolétaire est un sauveur et d’autres inepties de cette engeance comme l’existence des anges et des djinns ?
«Il n’est pas une seule pensée importante dont la bêtise ne sache aussitôt faire usage», écrivait un auteur du siècle dernier. «Elle peut se mouvoir dans toutes les directions et prendre tous les costumes de la vérité. La vérité, elle, n’a jamais qu’un seul vêtement, un seul chemin : elle est toujours handicapée.»
S’il est un « Joueur » ou un univers de « joueurs » quelque part, ce ne serait que dans la tête de l’auteur.
Je tenais à vous prévenir, avant que vous entamiez la lecture de cette histoire, pour dissiper tout malentendu et aplanir toute attente en vous évitant d’improbables déceptions. Je vous dis, méditez le rôle des suiveurs et autres adeptes et fidèles. Ils ne sont producteurs d’aucune théorie, ils commercent avec les fabulations des autres en se les attribuant sans gêne. Cet état de fait leur confère une assurance hors du commun dans l’étalage de leurs vues, ils y adhèrent comme un pneu neuf sur une chaussée asphaltée, parce qu’ils ne peuvent pas en apporter de leur cru. S’ils sont convaincus, sincères ou intéressés, à tort ou à raison, de la véracité d’une prophétie, ils y vont à fond et institueront la doctrine, le dogme et l’orthodoxie puis leurs schismes respectifs. Les penseurs n’ont jamais établi de projet sociétal d’eux-mêmes, ce sont les apôtres et autres compagnons et disciples qui édifient les croyances et les propagent.

vendredi 13 septembre 2013

L’islam politique ou la «salafisation» de la société





L’islam politique ou la «salafisation» des sociétés arabes

 La «salafisation» de la société, cas de l’Algérie

Réminiscences
L'islam politique est la question de l'heure. Le sujet occupe une large place dans le quotidien de plusieurs milliers de personnes et dans l'actualité du Québec et du Canada. En tant que citoyen issu de la culture arabe et musulmane, je voudrais témoigner du passage de la vague islamiste qui a déferlé sur l'Algérie, mon pays d'origine, pendant les années 1980. J'ai commencé à enseigner en 1978. Durant les deux premières années de mon travail, il n'y avait aucune fille voilée dans mes cours. En 1994, ma dernière année d'enseignement, la majorité de mes étudiantes étaient voilées. Le corps professoral féminin avait suivi la même courbe.

Par « salafisation », j’entends l’influence multiforme que les différents mouvements islamistes ont exercée et exercent encore sur l’ensemble de la population musulmane par le biais de leur littérature politico-idéologique et leur activisme. L’impact de leurs actions sur la population et sur le fonctionnement de l’État est attesté dans la majorité des pays musulmans. On peut le constater à la lumière des changements introduits à l’intérieur de chaque pays (application de la « chari’a » au Soudan, adoption d’un code de la famille inspiré par la « chari’a » en Algérie, dénomination à connotation islamique du Parlement qui devient « Majless Achoura » …) et dans le comportement des citoyens de ces pays (utilisation d’une phraséologie islamiste, argumentaire à caractère théologique dans l’enseignement[1], accoutrement « islamique » …) 

L'Islam et la laïcité

L'Islam et la laïcité


Le monde musulman est-il réfractaire aux idées laïques et à celles du «Siècle des Lumières»? Ces idées ont réussi à imposer la séparation nette de la sphère politique du domaine religieux dans les pays européens. Désormais, la croyance est considérée comme un fait culturel et individuel. Lorsque l'Occident se libérait de la domination de l'église, l’Orient musulman revenait de plus en plus à une légitimité religieuse.