dimanche 10 novembre 2024

LA PALESTINE, le génocide du 21e siècle

 

LES INVASIONS BARBARES

EST-CE UNE GUERRE OU UN GÉNOCIDE?

Sommes-nous devenus de marbre et d’acier insensibles aux massacres d’enfants, aux bombardements sauvages des camps de réfugiés, des bâtiments civils, des maisons, des écoles des hôpitaux, des routes, des ponts et des autoroutes. Le monde libre et riche, qui fabrique tout l’attirail militaire du monde, est-il frappé de cécité, ne voit-il pas l’assassinat de bébés, est-il sourd, n’entend-il pas les cris de leurs mères. L’establishment occidental et ses membres qui nous gouvernent sont-ils des êtres humains, ont-ils des familles, ont-ils des enfants, des femmes, des mères, des grand-mères? Ont-ils la moindre fibre humaine qui vibre et hurle des tréfonds de leur misérable existence que TUER UN BÉBÉ EST ACTE BARBARE?

Fuck les éditorialistes hypocrites qui analysent comme des robots le massacre de pauvres imbéciles civils.

Fuck les spécialistes et autres experts qui décortiquent l’agression comme une machine et la ramène à une étude sociopolitique, de tactique et de stratégie.

Fuck les journalistes objectifs aux visages souriants, égrenant les statistiques du nombre des morts des deux côtés

Fuck les hauts fonctionnaires, les représentants de l’état qui ruminent et vomissent les déclarations meurtrières de leur chef.

FUCK THEM ALL comme le dit si bien la chanson.

Et si l'on inversait l’équation …

1. La Palestine a le droit de se défendre.

2. La Palestine a le droit d’exister.

3. La Palestine a le droit de protéger ses citoyens.

4. La Palestine a le droit de récupérer ses terres occupées par Israël.

5. La Palestine a le droit d’établir une zone tampon de 3 km à l’intérieur d’Israël pour assurer sa sécurité.

6. La Palestine a le droit d’accueillir ses réfugiés chassés par les forces d’occupation israélienne.

7. La Palestine a le droit d’exister dans ses frontières issues du partage de l’ONU en 1967.

8. La Palestine a le droit de contrôler ses frontières.

9. La Palestine a le droit de poursuivre ses agresseurs pour crime contre l’humanité et crimes de guerre.

10. La Palestine a le droit de contrôler son espace aérien, maritime et terrestre.

11. La Palestine considère que toute présence de forces étrangères sur son territoire comme une attaque unilatérale, elle utilisera en conséquence son droit de défense, elle utilisera la force et tous les moyens dont elle dispose y compris ses ADM pour protéger ses citoyens et son territoire.

12. La Palestine exige le démantèlement et la dissolution de tous les mouvements extrémistes appelant à sa destruction et à sa disparition en Israël.

13. La Palestine se réserve le droit de poursuivre ses ennemis dans leurs propres pays, de les capturer, les emprisonner ou de les liquider.

14. La Palestine avertit tous les pays qui soutiennent les actes criminels des forces d’occupation de ses territoires et les considère comme ennemis déclarés de La Palestine au même titre que l’État hébreu.

15. La Palestine informe toutes les personnes étrangères vivant et habitant sur son territoire dans les colonies qu’elle procèdera à la destruction au bulldozer de toutes les maisons s’y trouvant encore à la fin de cette année.

samedi 9 novembre 2024

"La mémoire du soleil", dans la presse



La mémoire du soleil

Présentation du recueil « La mémoire du soleil »

« La mémoire du soleil » (2000) est le premier recueil de poésie de Salah El Khalfa Beddiari, un auteur algérien installé à Montréal. Ce recueil est une œuvre poignante qui explore les thèmes de l'exil, de la mémoire, de la douleur et de l'espoir, tout en rendant hommage aux victimes des violences politiques en Algérie durant les années 1990. À travers une écriture poétique riche et évocatrice, Beddiari tisse un lien entre son passé algérien et sa nouvelle vie au Québec.

1. « L'exil et le déracinement »

   « La mémoire du soleil » est profondément marqué par la douleur de l'exil. Beddiari y exprime la souffrance d'être arraché à sa terre natale, l'Algérie, et de devoir reconstruire sa vie ailleurs. Le soleil, symbole central du recueil, incarne à la fois la chaleur des souvenirs d'enfance et l'éloignement douloureux de cette terre perdue. L'exil est vécu comme une déchirure, un vide que seule la mémoire peut combler.

2. La mémoire et le souvenir

   La mémoire joue un rôle fondamental dans ce recueil. Beddiari revisite des souvenirs d'enfance, des paysages lumineux d'Algérie, des moments marquants de sa vie avant l'exil. Le soleil devient une métaphore récurrente pour évoquer ces souvenirs brûlants qui illuminent le passé tout en soulignant l'absence dans le présent.

3. La violence et la guerre civile algérienne

   « La mémoire du soleil » est également un témoignage poignant sur les horreurs de la guerre civile algérienne des années 1990. Beddiari dénonce les massacres, la répression politique et les violences qui ont ravagé son pays natal. Il rend hommage aux intellectuels, poètes et journalistes assassinés pendant cette période sombre, tout en exprimant sa révolte contre l'obscurantisme religieux et la barbarie.

4. L'amour pour la terre natale

   Malgré la douleur de l'exil, Beddiari exprime un amour profond pour son Algérie natale. Cet amour se manifeste à travers des descriptions poétiques des paysages algériens — le désert, les montagnes, la mer Méditerranée — mais aussi à travers ses souvenirs personnels liés à sa famille et à ses amis restés au pays.

5. La quête identitaire

   Dans ce recueil, Beddiari interroge son identité en tant qu'immigrant au Québec. Il se retrouve tiraillé entre deux mondes : celui qu'il a quitté (l'Algérie) et celui où il tente de s'intégrer (le Québec). Cette quête identitaire est omniprésente dans ses poèmes, où il cherche à se réconcilier avec ses origines tout en s'adaptant à sa nouvelle réalité nord-américaine.

Structure du recueil

Le recueil est divisé en plusieurs sections intitulées "mémoires" (Mémoires du désir, Mémoires diffractées, Mémoires éphémères et Mémoire épistolaire), chacune déclinée en adjectifs féminins tels que « la Fabuleuse », « la Fertile », « la Fugace », etc. Chaque section contient des poèmes dédiés à des personnes chères à l'auteur — amis proches ou disparus tragiquement en Algérie — renforçant ainsi le lien intime entre la poésie et la mémoire personnelle.

Style poétique

Salah El Khalfa Beddiari adopte une écriture poétique à la fois lyrique et engagée. Son style est marqué par une grande sensibilité aux mots et aux images, avec un souci constant pour la musicalité du vers. Il mêle habilement prose poétique et vers libres pour exprimer ses émotions complexes liées à l'exil et à la perte. Chaque mot semble pesé avec soin pour capturer l'intensité des sentiments qu'il évoque.

Réception critique

Depuis sa parution en 2000, « La mémoire du soleil » a été salué par la critique pour sa profondeur émotionnelle et son engagement littéraire. Le recueil a été reconnu comme une œuvre majeure dans la littérature migrante au Québec, témoignant de l'expérience complexe de l'exil tout en offrant une réflexion universelle sur le déracinement et la quête identitaire.

En somme, « La mémoire du soleil » est un recueil puissant qui explore avec finesse les thèmes de l'exil, de la mémoire et de l'identité tout en rendant hommage aux victimes des violences politiques en Algérie. C'est une œuvre incontournable pour comprendre les dynamiques intérieures d'un écrivain marqué par son histoire personnelle et collective. 

L'exil dans les œuvres de Salah El Khalfa Beddiari

L'exil est un thème central et récurrent dans l'œuvre de Salah El Khalfa Beddiari, un écrivain et poète algérien installé à Montréal depuis 1995. À travers ses écrits, Beddiari explore les multiples facettes de l'exil, tant sur le plan personnel que collectif, en abordant les dimensions émotionnelles, identitaires et philosophiques de cette expérience. Voici comment l'exil se manifeste dans ses œuvres :

1. « L'exil comme déchirure personnelle »

Dans « La mémoire du soleil » (2000), Beddiari exprime la douleur de l'exil à travers des poèmes qui revisitent les souvenirs de son Algérie natale. L'exil est vécu comme une séparation brutale d'avec sa terre d'origine, une déchirure qui laisse un vide profond. Le poète se retrouve tiraillé entre deux mondes : celui qu'il a laissé derrière lui (l'Algérie) et celui où il tente de s'intégrer (le Québec). Le soleil, symbole récurrent dans ce recueil, incarne à la fois la chaleur des souvenirs d'enfance et l'éloignement douloureux de cette terre perdue. L'exil est ainsi présenté comme une expérience marquée par la nostalgie et la perte.

2. La quête identitaire à travers l'exil

L'exil chez Beddiari n'est pas seulement une question géographique, mais aussi une quête identitaire profonde. En quittant son pays natal, il est confronté à un questionnement sur son identité : qui est-il

Citations:

[1] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/7c199c49-25ea-4a92-b200-b49109d1e330/Salah-El-Khalfa-Beddiari-1.pdf

[2] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/38e18fd5-f077-4f89-b0e9-ff801338305f/Salah-El-Khalfa-Beddiari-voix-algerienne-au-Quebec.pdf

[3] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/a88ba101-2cd1-4558-a5ae-96367fe49777/Le-Joueur-pour-Kindle.docx

[4] https://www.coopzone.ca/produit/1484409-salah-el-khalfa-beddiari

[5] https://editionshexagone.groupelivre.com/blogs/auteurs/salah-el-khalfa-beddiari-bedd1000

[6] https://memoiredencrier.com/auteurs/salah-el-khalfa-beddiari/

[7] http://www.litterature.org/recherche/ecrivains/beddiari-salah-el-khalfa-1958/

[8] https://lesvoixdelapoesie.ca/lire/poetes/salah-el-khalfa-beddiari

La place de la mémoire dans les écrits de Salah El Khalfa Beddiari

La mémoire occupe une place centrale dans l'œuvre de Salah El Khalfa Beddiari, en particulier dans son recueil « La mémoire du soleil » (2000). À travers ses écrits, Beddiari explore la mémoire sous plusieurs angles : personnel, collectif, historique et culturel. La mémoire devient un outil fondamental pour comprendre l'exil, le déracinement et la quête identitaire. Voici comment la mémoire se manifeste dans ses œuvres :

1. La mémoire personnelle : un lien avec le passé

Dans « La mémoire du soleil », Beddiari revisite ses souvenirs d'enfance et de jeunesse en Algérie, avant son exil au Québec. Le soleil, symbole récurrent dans ce recueil, incarne à la fois la chaleur des souvenirs et l'éloignement douloureux de sa terre natale. La mémoire personnelle devient ainsi un refuge face à la douleur de l'exil. Beddiari se replonge dans les paysages lumineux d'Algérie, les moments marquants de sa vie passée, tout en confrontant ces souvenirs à sa réalité présente au Québec.

Le poète utilise des images fortes pour évoquer les sensations liées à son passé : le soleil brûlant du désert algérien, les rituels quotidiens, les relations familiales et amicales. Ces souvenirs sont souvent teintés de nostalgie, mais aussi d'une certaine mélancolie liée à l'irréversibilité du temps.

2. La mémoire collective et historique

Beddiari ne se contente pas d'explorer sa propre mémoire ; il s'intéresse également à la mémoire collective de son peuple. Dans « La mémoire du soleil », il rend hommage aux victimes de la guerre civile algérienne des années 1990, une période marquée par des violences extrêmes et des massacres qui ont profondément marqué l'Algérie. Le poète évoque la répression politique et les assassinats d'intellectuels, de journalistes et d'artistes engagés.

À travers ses poèmes, Beddiari cherche à préserver cette mémoire collective pour éviter que ces événements tragiques ne sombrent dans l'oubli. Il exprime sa révolte contre l'obscurantisme religieux et la barbarie qui ont ravagé son pays natal. La poésie devient ainsi un acte de résistance contre l'oubli et une manière de rendre hommage aux disparus.

3. La mémoire comme outil de reconstruction identitaire

L'exil est souvent synonyme de perte d'identité, mais pour Beddiari, la mémoire joue un rôle crucial dans la reconstruction de cette identité fragmentée. En revisitant son passé algérien tout en s'ancrant dans sa nouvelle réalité québécoise, il tente de réconcilier ces deux mondes qui semblent parfois inconciliables.

Dans ses écrits, la mémoire permet au poète de redéfinir son identité en tant qu'immigrant au Québec. Il se retrouve tiraillé entre deux cultures : celle qu'il a laissée derrière lui (l'Algérie) et celle où il tente de s'intégrer (le Québec). Cette quête identitaire est omniprésente dans ses poèmes, où il cherche à se réapproprier son passé tout en construisant un avenir dans son pays d'accueil.

4. La mémoire comme espace littéraire

Pour Salah El Khalfa Beddiari, la mémoire n'est pas seulement un thème ; elle devient également un espace littéraire où il peut explorer les possibilités infinies de son art poétique et romanesque. Comme le souligne Najib Redouane dans « Salah El Khalfa Beddiari: Voix algérienne au Québec », l'œuvre de Beddiari est marquée par "des images gardées par la mémoire et que transfigurent les mots" [1]. La poésie permet ainsi au poète de transformer ses souvenirs en matière littéraire, offrant au lecteur une nouvelle vision du passé.

L'écriture poétique devient un moyen pour Beddiari d'interroger le rôle de la mémoire dans la construction du présent. En revisitant des événements passés à travers le prisme de la poésie, il propose une réflexion sur le temps qui passe et sur l'impact des souvenirs sur notre perception du monde actuel.

5. La mémoire comme résistance contre l'oubli

Enfin, pour Salah El Khalfa Beddiari, écrire est un acte de résistance contre l'oubli. Dans « La mémoire du soleil », il exprime son désir de préserver non seulement sa propre histoire personnelle mais aussi celle de son peuple. La poésie devient un moyen de lutter contre l'effacement des mémoires individuelles et collectives face aux violences politiques et sociales.

En rendant hommage aux victimes des massacres en Algérie ou en évoquant les paysages disparus de son enfance, Beddiari montre que la poésie peut être un outil puissant pour préserver ce qui risque d'être oublié. Il inscrit ainsi sa voix dans une tradition littéraire où la mémoire est non seulement une source d'inspiration mais aussi une forme d'engagement politique.

Dans les œuvres de Salah El Khalfa Beddiari, notamment *La mémoire du soleil*, la mémoire occupe une place prépondérante en tant que lien entre le passé et le présent. Elle permet au poète d'explorer les thèmes universels du déracinement, de l'exil et de l'identité tout en rendant hommage aux victimes des violences politiques en Algérie. La poésie devient ainsi un espace où la mémoire personnelle et collective peut être préservée et transfigurée par les mots

Sources:

[1] Salah-El-Khalfa-Beddiari-1

Citations:

[1] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/7c199c49-25ea-4a92-b200-b49109d1e330/Salah-El-Khalfa-Beddiari-1.pdf

[2] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/38e18fd5-f077-4f89-b0e9-ff801338305f/Salah-El-Khalfa-Beddiari-voix-algerienne-au-Quebec.pdf

[3] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/a88ba101-2cd1-4558-a5ae-96367fe49777/Le-Joueur-pour-Kindle.docx

[4] https://lesvoixdelapoesie.ca/lire/poetes/salah-el-khalfa-beddiari

[5] https://www.coopzone.ca/produit/1484409-salah-el-khalfa-beddiari

[6] http://www.litterature.org/recherche/ecrivains/beddiari-salah-el-khalfa-1958/

[7] https://www.messageries-adp.com/editions-hexagone/-memoire-soleil/salah-el-khalfa-beddiari/livre/9782890066373


Extraits

LA MÉMOIRE DU SOLEIL

de Salah El Khalfa Beddiari

 

1-    Mémoires du désir

 

La nuit les chemins s'amenuisent
les rumeurs du déluge s'affûtent
les armes blanches s'aiguisent
l'homme au verbe émacié s'arroge
la légende qui s'immisce entre l'ongle et la chair.

La sourde gestation des lettres ensanglantées gronde
lasse, elle s'agrippe à l'échine de marbre
lésée dans son récif, elle demeure insoumise
lésine sur le dernier souffle, se terre debout
libre que de servir d'almée de plaisir sans griffes.

Lanterner à contempler les pages qui tournent quand
l'étalement des raies obscures absorbe la gêne
l'incandescent gène défigure lentement le genre
le destin de l'apocalypse de nos propres envies réveille
l'instinct animal à survivre même au génocide.

Apôtre des poitrines en jetée
témoin des prééminences prononcées
enfoui sous l'herbe au sommeil évanescent
l'élan fracassé, je rêve aux félins du sud
ressuscitent-ils un matin d'octobre sans fureur de mourir?

Les chemises noires remontent à la surface
enfilent les masques de l'au-delà
embrasent les moissons de juin
éventrent l'espoir d'une jeune liberté
enflammant son nez qui ne plie pas.

Majestueusement le soleil se lève
maître de l'orient, il cuivre l'hymne et le hameau
balourd, il blanchit la semence à la racine
muets, aveuglés par l'or de sa clarté
les frères s'entre-tuent à coups de hache et de mots.

La haine les unit à suivre la route du sel
et soutenir la voûte du mois d'août
et vivre le supplice de l'assoiffé
et creuser le puits de l'âme
et subir la sentence du plus fort.

Il s'approche, le soleil
illuminant la voie brumeuse du salut
nos faces éclairées et éclairantes
nos enjambées sûres et rassurantes
illusionnent l'euphorie des retrouvailles.

À le deviner amer, exclu, ébloui, l'air ailleurs
sa plume qui divague, seules les vagues le mènent
mirage: l'écorce se fendille, la terre se craquelle
l'ébène se tait, m'épater! Ses cheveux de flammes
la flûte le pleure, mains tendues, ô mon soleil!

Aucun épi ne nargue le ciel sans les tendres semailles
aucune récolte sans sueur, sans l'incessant labeur
aucune galette ne lève sans le printemps son levain
aucune révolte sans la rapine méprise
après la nuit vient le jour même par césarienne.
Quand elle se lève, lumière est son allure
fétu et sans ombre, je l'étrenne de l'aurore à l'aurore
dans toutes mes fibres l'impact de ses baisers
dans tous les recoins de la ville sa silhouette m'habite
à me consumer.

Brûle
j'éclaire dans ma combustion
la face sombre du globe
cendres éparpillées sur les friches de son cœur
je cultive sous serre ce qui nous reste d'amour.

Dans l'immensité claire de ses yeux: la preuve
de leurs blancs crémeux: le phare guidant
de ses iris les marins du monde s'éprennent
de ses pupilles du matin, les fils de la rivière
attendent l'air et l'éclair et des girofles sur la pomme.

De la naissance de toute étoile l'explosion
la fin de tout astre est l'implosion
inébranlable
époustouflante comme cette sentence:
toute guerre est pitoyable: futile pitance des gueux.

De toute leur splendeur les empires s'écroulent
du premier gémissement au souffle de l'agonie
l'inexorable effritement
l'émiettement
l'extinction.

Nos aspirations radieuses au large de nos espoirs coulent
là où les gazelles s'abreuvent à la seguia du désert
là où les étincelles de braise tiennent la nuit en éveil
là où le marbre se cristallise racé et veiné turquoise
là où le bronze se révèle sans cesse poterie à l'homme.

La faille: blessure au cep des mots
flétrissure du creuset des palmeraies
torride est la torpeur de son reflet
qui gifle la parure de mon vertige
vestige du rare désir.

Le soleil déambule seul et hautain
la honte au front, sur les océans, vaincu
la sécheresse, se défend-il, n'est pas de mon fait seul
de sa pâleur se reflète déjà la peine du fellah
la diffa pour cette saison n'est plus certaine.

Lentement l'été s'éloigne, quitte mon coucher
emportant les saines mais vaines sueurs noires
sonnant le glas des noces prochaines
les rivières tarissent quand l'orge bourgeonne
car de toute sa carrure elle charrie le sel et l'or du sol.

Les veines d'octobre durcissent
renversent le verre de la fielleuse piété
déversent l'eau de la fausse pudeur
et des sépales et de leurs nervures fléchées
ruissellent la fureur et les graines de vivre debout.

Les berçant de mes prunelles du crépuscule au lever
du liquide abiotique se reflètent somptueuses
la naissance de l'émeute et la houle de la foule
dans ce panorama le coup d'œil se délecte diffus
serpentant les traits saillants de la révolte.

Icônes bleutées sur le sol glacé gisant
signent l'étourdissement des résistants
qui saignent du fiel et l'amertume reconnaissance
de nos éveils successifs: la renaissance, seule la dernière
celle réincarnée voilée, amplement drapée, sévit.

Il s'envole, voile brisée, innocence violée, l'oiseau
blanches ses ailes, col bleu, bec mouillé
fatale est la traîtrise morsure camouflée
les ténèbres ne se rendent-elles pas haut les mains
quand dans son envol le condor diffuse le jasmin?

La colombe
de ses battements d'ailes
les œillets rouges tombent légers
l'allégresse fugace survole la fête du village
offrant l'accolade et le baiser d'un orient à l'autre.

Dans l'intimité de la tente de toutes les tempêtes
dans l'infinie bonté de la légende bédouine
dans l'indolence du verre de thé nomade
dans le secret de la naissance de l'amour
et dans la parole coulée acier du médah le colporteur.

L'attente, sublime l'attente de ces vivaces étincelles
qui portent l'eau à la lune éteinte à la veillée des sabres
à peine éclos guettant l'avènement du météore
ravi déjà par les iris qui charment l'obscurité de la tombe
foudroyé pour la vie par les impitoyables éclats de la vie.

Guidé et embrigadé par l'étendue du coquelicot
rebelle en laisse, je laisse pousser mes ongles
des mains et des orteils, des jambes et des bras
ramassant mes salopettes et mes savates
hurlant aux hommes, aux amis, ô frères, ô sœurs, j'aime!

Mène, raide comme le quartz, froid comme la morgue
les lits de toutes les rivières vers la mer
érige l'idéal de ton rêve bannière à tous les insurgés
aiguise tes mots et plante-les telle une haie
de rosiers, de chênes et de mûriers ornés, crie mon cœur.

De la semonce qui ne ment pas
et qui ne mord pas
je somme l'ultime offrande
de s'incliner devant les tendres prières
les prières de l'aimée à son aimé.

Le grand prédicateur s'épuise longtemps
debout au mihrab malmenant le discours de Dieu
ses paroles étendent le chemin de l'exclusion
le premier pilier de la prophétie s'écroule
rigide comme une idéologie en chrome.

Ravage, pulsations intimes, les veines enflent
les visages de rouge se couvrent
le sexe ébahi, désorienté tâtonne d'entre les cuisses
l'homme dans le brouillard façonné
sondé, élit Dieu.

Remettons nos destins au Tout-Puissant
démissionnons lancent les plus crédules
point de gavage reprends ton argile et son emballage
et gouverne-nous dans l'explicite ici-bas
pour mériter notre foi et notre bénédiction.

Excédé par tant de sollicitude
dépassé par tant de désinvolture
fasciné par tant de désintéressement
séduit par tant de reconnaissance
le grand Dieu accède au trône.

Il fraie une fente: séquence du premier acte
voit pousser à travers la frondaison et d'entre les lianes
la silhouette d'une vierge passante
il déploie son regard de fleurs escorté
s'abreuvant des yeux dans l'oasis du corps en chair.

Cette chair pucelle de la volupté céleste
qui sur les larges feuilles de figuier s'étale
il lui insuffle la braise du désir, incrustés, tatoués, gravés
d'immenses soupirs au parfum des houris tombent du ciel
de cet éternel règne l'image et l'évocation vivent toujours.

 

 

 

 


 

Dans la presse québécoise et canadienne

La Presse, Montréal, Canada, Sauf-conduit, 14 mai 2000

Stéphane Despatie, collaboration spéciale

Salah El Khalfa Beddiari, algérien d’origine, vit au Québec depuis 1995, La Mémoire du soleil, fraîchement publié aux éditions de l’Hexagone, est son premier recueil. Préfacé par Serge Patrice Thibodeau, ce livre écrit en français (bien que ce ne soit pas la langue d’origine de l’auteur), est exigeant par son propos. Chaque page est empreinte de souvenirs, de souffrances, de traversées, de difficultés et de lumière. Jamais le sujet ne s’efface devant la langue. Cette dernière est bien maitrisée, la coupe des vers est intéressante. Le tout semble plutôt classique, mais en pénétrant davantage dans le recueil, on voit la poésie prendre un espace encore libre. Plus le recueil avance, plus on sent une progression dans l’occupation de la page. Le poète, comme le lecteur, est de plus en plus à l’aise. On échappe au verbiage et l’on entend une voix. Le poète visiblement travaille très fort et rien n’est laissé au hasard. Il a d’ailleurs atteint une maturité peu commune pour un premier livre, mais, quelque fois, sa voix tremble et fausse presque, et c’est là surtout qu’il m’intéresse!

 

ENTRETIEN, juin 2001

 

Bonjour Salah. Vous avez quitté l'Algérie depuis 1995. Quel place votre pays natal occupe-t-il dans votre cœur et dans Chant d'amour pour l'été ?  

 

Il faut bien dire pays natal parce que maintenant j'ai un nouveau pays, ça m'amuse beaucoup la notion de posséder un pays. En réalité c'est le pays qui nous possède. Maintenant, pour répondre à ta question, je dirai que l'Algérie occupe une grande place dans mon cœur. C'est une question de mémoire et de nostalgie surtout, parce que je suis imprégné de son soleil, de sa pluie et de son relief... C'est aussi tous mes souvenirs d'enfance, de famille, et de lutte.

Dans Chant d'amour pour l'été, mon pays natal a certainement fourni tout le substrat de l'image et tout le carburant de mon imaginaire ainsi que la chaleur du geste et de l'approche.  

Pourriez-vous expliquer aux Internautes l'essentiel de ce Chant d'amour pour l'été ? 

 

Chant d'amour pour l'été est une variation sur un aveu d'amour écrit, dit et livré à l'Aimée jour après jour pendant 365 jours. C'est un livre qui distille de l'amour-affection, de l'amour-sympathie et de l'amour-fréquentation à un merveilleux peuple que je n'ai cessé d'admirer depuis mon arrivée il y a six ans. C'est une œuvre conçue comme une perpétuelle approche amoureuse envers l'Aimée que j'offre tout reconnaissant pour répondre à la générosité, à la bonté et à la beauté des gens que j'ai côtoyés au Québec. 

Où situez-vous votre œuvre par rapport à la poésie algérienne et québécoise ? 

 

Je ne sais pas trop où je peux situer ma poésie par rapport à la poésie algérienne et québécoise. Il me semble que ce que j'écris est tout à fait différent de ce qui s'écrit présentement au Québec et en Algérie. J'ai développé une nouvelle forme d'écriture dans le domaine de la poésie en prose, elle reflète mes accents personnels et ma double appartenance. J'ai évolué dans deux genres différents d'écriture (la poésie en arabe et la poésie en français) depuis que j'ai commencé à écrire. Dans ce livre, il s'est produit un rapprochement de ces deux sphères d'influence dans mes écrits. J'ai réalisé une sorte de fusion des deux registres en menant une expérience de superposition de repères et de symboles en faisant éclater l'unicité de la dimension et de la référence. 

Vous avez enseigné pendant plusieurs années la chimie. Y a-t-il un lien dans votre démarche créatrice entre chimie et poésie ? 

 

Il y a en effet une relation très importante. Je puise beaucoup dans la science en général et dans la chimie en particulier dans mes écrits. La chimie m'a aidé à comprendre l'intimité de la matière, et c'est cette intimité qui m'intéresse. Quand je pense que nous sommes tous (le monde animal, le monde végétal et le minéral) constitués d'un nombre limité d'éléments primaires, je me sens très proche de la matière. Nous partageons en fait le même patrimoine matériel élémentaire, nous sommes, à partir d'un certain point de vue, tous semblables. Je réalise alors la petitesse de la dérive humaine, toutes ces tueries, tous ces massacres ne sont que des malentendus entre les éléments. L'intimité de la matière nous enseigne l'humilité. Nous sommes si petits devant l'univers que toute guerre, toute injustice qu'elle que soit sa raison paraisse absurde et superflue. Quand on dit il y a une certaine chimie entre deux personnes, on dit, en fait, qu'il y a une entente, une attirance, un amour peut-être entre ces deux personnes mais qu'on n'arrive pas à expliquer, un mystère qui rapproche deux êtres. C'est ce que la chimie a éveillé en moi le mystère des choses et des êtres.

 

Le poète Serge Patrice Thibodeau a écrit à votre sujet que vous délaissez « les discours vindicatifs de la plupart des poètes algériens contemporains », mais que vous refuser « le désespoir muet et l'inaction. » On pourrait trouver ces affirmations contradictoires si on les regarde hors du contexte actuel en Algérie. Pourriez-vous nous éclairez à ce sujet et nous expliquer de quelle manière vous êtes un poète « engagé » ?

C'est une question très intéressante parce que je ne sais pas moi-même quel est le sens de l'engagement en ce début de siècle. Être engagé, à mon humble avis, c'est aller au devant des obstacles qui empêchent l'être humain de se réaliser. Être en permanence éveillé et conscient de tout ce qui se passe dans le monde, prendre position. Être sur le front tout le temps. En ce sens je ne le suis plus. Maintenant ce qui m'intéresse c'est la notion d'amour, comment faire pour répandre de l'amour autour de nous. Comment répandre de l'amour entre musulmans et juifs, entre musulmans et chrétiens, entre tous les êtres humains finalement. Je sais que c'est une grande question, c'est justement ce qui me préoccupe en ce moment. 

Pensez-vous que l'Algérie connaîtra un avenir favorable prochainement ? De quelle manière la situation actuelle pourrait-elle s'améliorer ? 

L'Algérie sortira certainement de cette situation, c'est l'optimiste en moi qui parle. Maintenant pour la question de quelle manière la situation pourrait s'améliorer, à mon avis, il faut qu'il y ait une grande mobilisation à l'échelle internationale et une réelle volonté d'aide pour convaincre les gens du pouvoir et le peuple algérien de s'asseoir autour d'une table et de trouver un consensus. Une pression de l'extérieur contre les tenants du statu-quo en Algérie mariée à une aide effective de la part des pays riches encouragerait certainement à trouver une solution à ce grave problème.  

Quels sont vos projets futurs ? 

Travailler sur les trois autres saisons de Chant d'amour puis préparer un grand voyage pour l'Algérie où j'espère pouvoir écrire un livre sur le retour après sept ans d'exil.  


Lettres canadiennes, Volume 71, numéro 1, University of Toronto Quartely,

2000, p. 439, Chamberland, Roger, « poésie »

« La mémoire du soleil » (Hexagone) de Salah El Khalfa Beddiari est un recueil dense et fortement structuré, faisant appel aux formes fixes du quintil, du quatrain et du septain.

Poète algérien en exil et ayant choisi le Québec comme terre d'accueil après un bref séjour aux États-Unis, Beddiari s'est lié à Serge Patrice Thibodeau qui, dans la préface du livre, dresse le parcours biographique de ce poète venu à la poésie comme si celle-ci l'avait choisi. « La mémoire du soleil » est divisé en quatre sections qui sont comme autant de formes de mémoire : « Mémoires du désir », « Mémoires diffractées », « Mémoire éphémère » et « Mémoire épistolaire ».

Cette poésie circule entre l'Algérie et le Québec, fait le pont entre deux cultures diamétralement opposées, mais conjointes au plan des grandes questions métaphysiques qui habitent les hommes et les femmes vivant dans l'un ou l'autre de ces pays.

Grandiloquent et de construction serrée et rigoureuse, ce texte compte parmi les plus originaux publiés cette année. Depuis la disparition des Éditions Naaman de Sherbrooke, qui nous avaient habitués à lire ces poètes de la francophonie en exil pour la plupart au Canada, nous étions privés de ces voix exogènes qui tissent des liens souvent très forts avec leur nouveau pays d'adoption.

 

Le Journal Alpha mai – juin 2000

« La mémoire du soleil » Mustapha Chelfi

Il faut toujours se souvenir que la poésie, ce ne sont pas seulement des vers, ni des rimes mais d’abord un état d’esprit. Ëtre poète c’est d’abord dire non. Et ce refus. C’est quelque part l’aveu d’une révolte. C’est pour cette raison, essentiellement, que la poésie a ce pouvoir total sur l’esprit et l’imagination de l’homme. C’est pour dire et faire – car la poésie n’est pas seulement verbe – que le poète trempe sa plume dans l’encre amère des mots pour retrouver l’espoir au-delà de toute contingence.

Salah El Khalfa Beddiari vient de sortir un livre de poésie, La mémoire du soleil, aux éditions de l’Hexagone. Serge Patrice Thibodeau, dans une préface fouillée, croise itinéraire de l’auteur et jaillissement irrépressible du dire. L’évocation en est parfois émouvante : solitude à Washington, famille restée au bled, lettres – poésies sur des nappes de restaurants puis le train vers Montréal où le poète demande l’asile : « je taille ma plume/des roseaux d’or et des os des rameaux/ pour que cessent les tonnerres du sang/pour que cesse le feu ». Salah El Khalfa Beddiari a pris le temps de rassembler ses poèmes. Il avouait à son ami qu’il ne trouvait aucune « urgence à écrire » et que s’il le faisait, un jour, « ce sera lorsque je penserai être en mesure de faire honneur aux poètes que j’aime ».

 

mardi 17 octobre 2023

La Palestine: la plus belle promesse de la Société des Nations ou l'insoutenable optimisme d'oncle Saïd

 

2014, c'est donc l'année de la Coupe du Monde et de l'humiliante défaite de l'équipe du Brésil à domicile, l'Allemagne comme à son habitude remportait le titre. L'année où Israël déclenchait sa énième guerre contre le peuple palestinien lançait son «offensive», comme le rapportaient les journalistes et les bulletins d'information des télévisions du monde entier, contre les «terroristes» de la bande de Gaza. Monsieur Stephen Harper, premier ministre du Canada, déclarait qu'Israël avait le droit de se défendre. Il n'était pas le seul, ses homologues américains et européens (Obama, Cameron, Hollande et Merkel...) faisaient de même. C'est aussi l'année où le chef de l'opposition officielle Thomas Mulcair exprimait sa consternation «par les récentes violences dans la région» ajoutant que «le gouvernement se doit de réaffirmer l'appui de longue date du Canada à une solution négociée en faveur de deux États, dans le respect des lois internationales...» L'autre chef de l'opposition libérale, Justin Trudeau affirmait comme son premier ministre qu'«Israël avait le droit de se défendre» en précisant que les résistants palestiniens du Hamas étaient des «terroristes».

1950, ce fut, aussi, et curieusement l'année où le Brésil perdait la Coupe du Monde à domicile comme aujourd'hui, j'avais alors 2 ans et j'habitais dans les faubourgs de Jérusalem chez mes cousins maternels. Mes parents étaient chassés de leur terre à Deir Yassin. Ni Harper, ni Thomas Mulcair, ni Justin Trudeau n'étaient nés. Louis Saint-Laurent le premier ministre de l'époque promettait aux Canadiens la paix et la prospérité après les affres de la Deuxième Guerre mondiale. Le Hamas n'était pas encore né ni le Fatah de Yasser Arafat ni L'OLP (Organisation de la Libération de la Palestine). L'ONU votait la résolution 181 en 1947 (Adoption du plan de partage : la Palestine est divisée en deux États indépendants, l'un arabe, l'autre juif, et Jérusalem est placée sous administration des Nations unies) ainsi que la résolution 194 en 1948 (les réfugiés qui le souhaitent doivent pouvoir «rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et vivre en paix avec leurs voisins» ; les autres doivent être indemnisés de leurs biens «à titre de compensation», et la Résolution 302 en 1949 (8 décembre 1949) qui mettait en place l'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine). Je prenais donc et officiellement le statut de réfugié.


En 1958, j'avais 10 ans, et ce fut l'année où Pelé à l'âge de 17 ans menait le Brésil à la victoire et à l'obtention de sa première Coupe du Monde. Harper n'était pas encore né, Mulcair, à 4 ans, allait à la garderie, Trudeau n'existait même pas dans la tête de ses géniteurs. Le premier ministre John Diefenbaker militait pour l'exclusion de l'Afrique du Sud du Commonwealth. Mandela s'initiait à la politique au sein de l'ANC et commençait à militer contre l'Apartheid. Le Hamas n'était pas encore né ni l'OLP ni l'Autorité palestinienne. Mes parents n'étaient plus optimistes, car, l'attaque, menée par la Grande-Bretagne, la France et Israël en 1956 contre l'Égypte de Nasser, avait pulvérisé leur espoir de retrouver leur terre à l'ouest de Jérusalem. L'Algérie était française et les petites monarchies du Golf (EAU, Qatar, Bahrein, Koweit) n'avaient pas encore été créées. Au Québec, Borduas publiait son Refus global qui traçait la voie à la «Révolution tranquille» et Raymond Lévesque chantait son hymne pacifiste «Quand les hommes vivront d'amour» durant la guerre d'Algérie.

Une dizaine d'années plus tard, à l'âge de 20 ans, j'étais déjà un vétéran de la guerre de libération de la Palestine. J'avais perdu l'œil et le bras gauches dans une opération commando sur le front du Jourdain, au sein des brigades du Front populaire. J'étais affecté à des tâches administratives au secrétariat de l'OLP à Aman en Jordanie. C'est que, entre temps, l'OLP avait vu le jour, c'était l'année où Mandela entrait dans les geôles du régime d'Apartheid pour purger une peine de prison à vie. Et, au Canada, Trudeau, le père, prenait ses fonctions de premier ministre, bientôt la «trudeaumania» allait déferler et faisait connaître le pacifisme du pays et son engagement pour la paix dans le monde, comme son prédécesseur Lester B. Pearson, il refusait de participer à la guerre du Vietnam.


En ce printemps de 1968, le monde était en ébullition, la contre-culture battait son plein aux États-Unis et «Mai 1968» marquait la chute de la société traditionnelle en France et en Europe, le capitalisme et l'impérialisme étaient dénoncés. La devise «Peace and Love» était sur toutes les lèvres. Les jeunes dansaient sur les rythmes d'Evis Presly et écoutaient Hard day's night des Beatles alors que les plus engagés reprenaient les refrains Blowin' in the wind et We shall over come des chansons de Bob Dylan et de Joan Baez. Noam Chomsky manifestait contre la guerre du Vietnam et publiait La responsabilité des intellectuels.

Le Conseil de sécurité de l'ONU votait la résolution 242 (22 novembre 1967) qui condamnait l'«acquisition de territoire par la guerre» et demande le «retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés». Il affirmait «l'inviolabilité territoriale et l'indépendance politique» de chaque État de la région puis la résolution 252 (21 mai 1968) qui déclarait «non valides» les mesures prises par Israël, y compris l'«expropriation de terres et de biens immobiliers», qui visent à «modifier le statut de Jérusale», et demandait à celui-ci de s'abstenir de prendre de telles mesures, et enfin la résolution 267 (3 juillet 1969) dans laquelle il censurait «toutes les mesures prises [par Israël] pour modifier le statut de Jérusalem». L'espoir des Palestiniens de récupérer leurs territoires était immense durant ces temps-là, mais il n'y avait aucune mesure concrète des grandes puissances pour obliger Israël de les restituer. Je gardais mon statut de réfugié. La décennie 1960 s'éteignait en emportant avec elle le secret de l'assassinat des frères John et Robert Kennedy et de Martin Luther King.

En 1978, j'avais 30 ans, j'occupais toujours un poste administratif dans les bureaux de l'OLP, mais à Beyrouth cette fois-ci. C'est que Yasser Arafat et son OLP étaient chassés de la capitale jordanienne Aman. Le petit roi, comme on l'appelait, trouvait que nous prenions beaucoup d'espace sur ses terres. Septembre noir (1970) était né, une autre date phare de la révolution palestinienne. Avec l'aide des États-Unis et d'Israël, le roi Hussein de la Jordanie avait perpétré un massacre en tuant des centaines de combattants palestiniens. J'étais, donc, au Liban quand eut lieu l'indescriptible guerre civile en 1975, tout le monde tirait sur tout le monde, mais juste avant cela, la guerre de Sadate de 1973 se terminait avec des accords de paix qui allaient restituer le Sinaï à l'Égypte. Stephen Harper n'avait pas encore terminé son secondaire, Thomas Mulcair entrait à l'université et Justin Trudeau allait à la garderie. Le Hamas n'était pas encore né ni l'ordinateur personnel ni le téléphone portable. Nixon démissionnait à la suite du scandale du Watergate et les États-Unis se retiraient du Vietnam en laissant derrière eux plus d'un million de morts, alors que John Lennon chantait Imagine. Pendant ce temps-là, en 1970, Pelé, encore lui, offrait à son pays le Brésil sa troisième Coupe du Monde et se retirait de la compétition internationale.

Et l'ONU comme à son habitude pondait résolution sur résolution, celle qui porte le numéro 446 exigeait, rien que cela, l'arrêt des «pratiques israéliennes visant à établir des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés depuis 1967», et déclarait que ces pratiques «n'ont aucune validité en droit» et demandait à Israël de respecter la convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre. Au Québec, la voix de Céline Dion faisait sensation et René Lévesque pleurait la perte de la souveraineté et déclarait à ses compatriotes que s'il les avait bien compris, la prochaine serait la bonne, alors que mon statut de réfugié se renforçait et m'ouvrait le droit de demander un passeport aux instances de l'ONU. La belle promesse de l'ONU se faisait attendre, mais elle était toujours là, prête à éclore à n'importe quel moment.


Entre 1980 et 1991, le Conseil de sécurité de l'ONU avait pondu une dizaine de résolutions (la 468, la 592, la 605, la 607, la 608, la 636, la 641, la 672, la 673 et la 681) dans lesquelles, il rappelait que la convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre «est applicable aux territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés par Israël depuis 1967». Il condamnait «l'armée israélienne qui, ayant ouvert le feu, a tué ou blessé des étudiants de l'université Bir Zeit». Il affirmait qu'Israël devait «s'abstenir d'expulser des civils palestiniens des territoires occupés», demandait à Israël «d'annuler l'ordre d'expulsion des civils palestiniens et d'assurer le retour immédiat et en toute sécurité» de «cesser immédiatement d'expulser d'autres civils palestiniens», et déplorait «qu'Israël, puissance occupante, continue d'expulser des civils palestiniens». Les résolutions 673 (24 octobre 1990) et 681(20 décembre 1990) étaient des bijoux, dans la première, le Conseil de sécurité «condamne le refus d'Israël d'appliquer la résolution 672» et dans la seconde il «somme Israël d'appliquer la convention de Genève.» Notre problème c'est qu'il n'y avait jamais eu un huissier pour obliger Israël à respecter les sentences des Nations-Unis.

Cependant, l'ONU allait retrouver bientôt sa force et sa fermeté dans l'application de ses résolutions lorsque le Conseil de sécurité avait décidé de libérer le «joyau de la démocratie», le Koweït sous occupation de l'Irak. Quand Saddam, le président irakien, eut l'idée lumineuse d'envahir le Koweït, je fêtais mon 42e anniversaire à Alger. L'administration sensible de l'OLP avait élu domicile en Algérie après le bombardement de ses bureaux à Tunis par Israël. C'est que la résistance et les combattants palestiniens avaient quitté le Liban quand Israël l'avait envahi en 1982 et exigé le départ des Palestiniens, donc après Aman et Beyrouth, la direction de l'OLP passait en Tunisie. Et moi, je passais de l'âge du rêve à l'âge réaliste, mais je trainais encore l'air d'un romantique révolutionnaire à la Che Guevara. Se marier, fonder une famille et s'installer, pourquoi pas, mais les paroles du poète Mahmoud Darwich revenaient sans cesse me hanter : «Je ne voudrais pas faire venir au monde des enfants sans patrie, réfugiés de naissance.»


La décennie 1980 était riche en rebondissements, l'élimination physique du dernier pacifiste de l'époque Peace and love John Lennon et l'apparition de Michael Jackson, la planète entière dansait sur Billy Jean. La faim en Afrique interpellait les consciences et mobilisait des artistes du monde entier. La chanson We are the World était née. En parallèle, d'autres artistes comme Tracy Chapman, Peter Gabriel, Bruce Springsteen, Sting, Michel Rivard, Daniel Lavoie, et à leur tête Johnny Clegg, luttaient contre l'Apartheid.

La chute du mur de Berlin avait entrainé avec elle celle de l'Union soviétique donnant une portée de nouveaux pays. (Estonie, Lithuanie, Lettonie, Géorgie, Ukraine, Biélorussie, Kazakhstan, Azerbaïdjan Turkménistan...) L'éclatement de la Yougoslavie allait suivre pour affranchir la Slovénie, la Croatie, la Macédoine, la Bosnie, la Serbie et un peu plus tard le Kosovo et le Monténégro ce qui augmentait du coup le nombre des pays membres de l'ONU qui passait de 154 à 184, mais rien à l'horizon pour la naissance de la Palestine. Soyons patients, disaient les sages Palestiniens, nous sommes sur la bonne voie, après le règlement des problèmes européens, le monde dirigerait ses projecteurs sur notre malheur. Le Hamas voyait enfin le jour, il était le bienvenu dans la famille des résistants palestiniens, décidait Israël. On allait bientôt lui remettre les clés de la bande de Gaza. J'étais encore un réfugié reconnu par les instances de l'ONU et la belle promesse était toujours dans l'air.


De 1991 à 2001, le Conseil de sécurité de l'ONU continuait à pondre des résolutions . Il déplorait, dénonçait, exigeait, demandait, blablabla... à Israël de respecter ses résolutions. Le monde inventait le téléphone et les bombardiers intelligents ainsi que la guerre préventive et l'ingérence humanitaire. Nous voilà donc aux portes de l'indépendance de la Palestine et sans guerre de libération s'il vous plaît. L'intervention humanitaire nous sauverait répétaient les éternels optimistes, profitant de cette nouvelle donne, Mandela sortait de prison, l'Apartheid avait vécu. Francis Fukuyama écrivait La fin de l'histoire et Samuel Huntington ripostait par Le choc des civilisations. Quittant Impérial Oil, le jeune Harper du parti réformiste entrait au parlement, Mulcair, le libéral provincial, à l'assemblée du Québec et Justin Trudeau à l'université. Cette décennie sera marquée par les interminables négociations d'Oslo. Ces négociations devraient mettre fin à l'occupation des territoires et l'installation d'une autorité palestinienne provisoire avant la déclaration de l'indépendance totale tant attendue. On se dirigeait vers une solution négociée et progressive lorsqu'eut lieu le plus grand événement du jeune XXIe siècle.

J'avais 53 ans et j'étais à New York dans les bureaux de la représentation de l'OLP auprès de l'ONU quand le prétexte du lancement de la guerre perpétuelle au terrorisme fut inventé. Bush fils allait finir le travail entrepris par son père en Irak. Le député Harper pressait le PM Chrétien de participer à la guerre, il fera 37 interventions en faveur de la guerre contre l'Irak, malgré l'absence de preuves de l'existence des armes de destruction massive. Sharon, le premier ministre israélien en appui à son homologue américain déclarait lui aussi la guerre au terrorisme. Du jour au lendemain, tous les groupes politiques palestiniens recevaient la suprême distinction, le label d'organisation terroriste. Les pourparlers de paix sont suspendus ainsi que l'espoir de voir un État palestinien de mon vivant. Yasser Arafat et la direction de l'autorité palestinienne seront assiégés chez eux à Ramallah pendant deux ans Harry Potter était en vogue et Madonna personnifiait Évita Perron.

Je quittais New York pour prendre mes nouvelles fonctions à Ottawa le jour même de l'opération «Plomb durci», Justin Bieber avait 14 ans et moi, j'en avais 60. Non loin de mon bureau, Harper, devenu premier ministre, entre-temps, déclarait qu'Israël avait le droit de se défendre l'encourageant à bombarder la bande de Gaza à sa guise. 1 400 morts - majoritairement des civils - plus tard, Obama entrait à la Maison Blanche et recevait le prix Nobel de la paix. Une nouvelle ère s'annonçait prometteuse pour la création de l'État palestinien, le Chef de la plus grande puissance au monde, brandissant la médaille de Nobel, déclarait qu'il était favorable à la solution de deux États et qu'Israël devait se retirer des territoires occupés en 1967. La décennie 2010 s'achevait sur le succès de My world de Bieber et l'attente impatiente des Palestiniens de voir la concrétisation des promesses du discours d'Obama, mais une tempête allait bientôt se déclencher pour emporter les vieux régimes des pays arabes. On l'appellera le «Printemps arabe».


Les présidents Z. Benali (Tunisie), M. Moubarak (Égypte), A. Salah (Yémen) et M. Kadhafi (Libye) disparaissaient du paysage politique arabe, et Bieber chantait Baby. L'ONU, encore elle, autorisait ses États membres de protéger le peuple libyen. Le Conseil de sécurité était prompt à réagir. Une coalition était mise en place comme pour le peuple koweïti pour la libération de la Libye. Les Palestiniens, médusés, regardaient cette intervention, la rage au cœur, ils étaient prioritaires. Ils se disaient qu'ils n'étaient pas assez visibles, le peuple de Gaza, sous un blocus inhumain depuis 2006, lançait des feux d'artifice sous forme de roquettes pour attirer l'attention du monde sur son sort. Il ne fallait pas plus pour qu'Israël ripostât par l'opération «Pilier de défense» (2012) en bombardant la bande de Gaza, laissant des centaines de morts parmi les civils. Les États-Unis, la France, l'Angleterre, le Canada et beaucoup d'autres petits pays criaient tous et en même temps, comme dans une chorale, qu'Israël avait le droit de se défendre.

2014 entamait son deuxième semestre en laissant derrière lui l'humiliante défaite du Brésil face à l'Allemagne, Israël continuait à bombarder la prison à ciel ouvert de Gaza, Harper et ses homologues continuaient à aboyer comme à l'accoutumée qu'Israël avait le droit ... le chef de l'opposition officielle Mulcair chuchotait à l'oreille des Canadiens qu'Israël devait montrer un peu de retenue et le jeune Trudeau répétait à qui voulait l'entendre qu'Israël avait le droit... 2 000 victimes plus tard, toujours majoritairement des civils, et la destruction de 10 000 habitations, 141 écoles, 12 hôpitaux, 1 centrale électrique, 6 abris de l'ONU , le Conseil de sécurité n'avait pas pondu de résolution cette fois-ci. Finalement, cela ne servira à rien que la communauté internationale prenne des décisions et qu'elle ne trouve personne sur le terrain pour les appliquer.

Je célébrais ma 66e année de réfugié officiel, certifié UNRWA de l'ONU en pensant à la belle promesse de la Société des Nations de 1947 et à l'humiliante défaite du genre humain. L'occupation, la colonisation et l'humiliation de tout un peuple, au su et au vu de la planète entière, pendant plus de 60 ans auront, de toute évidence, un avenir radieux, vu l'état de délabrement avancé de la condition humaine.


https://www.huffpost.com/archive/qc/entry/la-palestine-la-plus-belle-promesse-de-la-societe-des-nations-o_b_5673482


https://www.huffpost.com/archive/qc/entry/la-palestine-la-plus-belle-promesse-de-la-societe-des-nations-o-1_b_5673510




lundi 14 mars 2022

L’emprisonnement de mon concitoyen canadien et mon compatriote algérien, « Monsieur Lazhar »

La semaine dernière, la communauté algérienne du Québec (Canada) a appris, avec stupéfaction et consternation, la nouvelle de l’arrestation en Algérie de monsieur Lazhar Zouaimia, un citoyen canadien d’origine algérienne. Une nouvelle diffusée dans la plupart des médias du Québec et du monde. Le journal Le Devoir titrait ainsi son article : « Un citoyen canadien arrêté en Algérie pour délit d’opinion ».

Qui est donc monsieur Lazhar et qu’a-t-il fait de si grave pour mériter l’incarcération dans son pays d’origine?

Natif de la même ville Sedrata que monsieur Lazhar Zouaimia, je le connais depuis son jeune âge. Il est issu d’une famille de résistants qui a participé à la guerre de libération contre le colonialisme français. Les Zouaimia sont connus, aussi, dans notre ville et dans le reste du pays par leur engagement dans les luttes sociales et dans la défense des libertés démocratiques.

Monsieur Lazhar Zouaimia, élève brillant selon ses camarades et ses professeurs, il a eu son baccalauréat en 1986. Il a poursuivi ses études supérieures à l’institut de télécommunication d’Oran (Algérie) et recruté après sa formation par la société d’État les PTT (Poste et Télécommunication). Il a assumé la responsabilité du montage et de la réparation des appareils de télécommunication au niveau des relais de transmission dans toute la région est algérienne. Il a accompli cette mission durant la guerre civile (1990-2000) où il risquait sa vie à chaque sortie sur le terrain.

La situation étant instable et dangereuse en Algérie, il a commencé à envisager une immigration en pensant surtout à l’avenir de son fils Mehdi. Monsieur Lazhar Zouaimia s’est tout de suite intégré à la société québécoise et cela dès son arrivée au Canada en 2003. Il s’est installé avec sa petite famille à Montréal, la grande métropole du Québec. Il a par la suite entrepris des démarches (lui et sa femme) pour trouver du travail et se rendre utile à sa nouvelle société. Engagé par la grande société d’État Hydro-Québec, il n’a pas hésité à accepter un poste de travail dans le Grand Nord du Québec, pendant que sa femme décrochait un poste de professeur de mathématique dans la région de Montréal.

Monsieur Lazhar, animé par de grands idéaux de justice et de liberté, il s’est rapproché des organismes qui défendent ces principes. C’est ainsi qu'il s’est retrouvé, tout naturellement, dans les objectifs et la mission d’Amnistie internationale. Il en est devenu un élément actif, participant à ses activités de solidarité avec les détenus d'opinion et dénonçant l’arbitraire et l’injustice partout dans le monde. Madame Louise Maurice d’Amnistie internationale Rive-Sud s’indignait ainsi de son arrestation : « Nous avons un ami en péril, un défenseur actif des droits humains. Il était très touché par tout ce qui concernait la liberté d’expression, le droit aux rassemblements pacifiques. Nous avons travaillé sur plusieurs campagnes importantes ensemble et de le savoir emprisonné est insupportable ». Robert Claveau, président du syndicat des technologues d’Hydro-Québec affirmait pour sa part que Lazhar Zouaïmia « est un citoyen engagé auQuébec et un salarié exemplaire de la société d’État »2. Monsieur Lazhar « est un homme intègre, droit, authentique, juste et très généreux, toujours prêt à se rendre utile et à exprimer concrètement sa solidarité avec le démuni, les persécutés et avec toute personne subissant l’injustice », disait son compatriote et ami d’enfance Aziz Bechiri. Madame Fatima sa conjointe, dans une lettre ouverte fort émouvante, confirmait tous ces témoignages : « Lazhar est un père de famille dévoué. Un homme affectueux, attentionné, ouvert d’esprit, responsable, sincère et toujours à l’écoute de mes préoccupations ». Sarah, sa fille, qui vient de fêter ses 18 ans, abondait dans le même sens en reconnaissant en son père, l’homme qui l’inspire et qui lui a inculqué les valeurs de la solidarité et de la défense « des droits et libertés de tous ».

Monsieur Lazhar, c’est aussi un homme de culture, un grand amoureux des arts et de la littérature. Il ne ratait jamais les événements culturels de la diaspora algérienne. Il ne faisait pas qu’assister à ces activités, mais il se proposait, aussi, à titre de bénévole, pour aider dans l’organisation.

C’est, donc, ce véritable citoyen modèle, ce véritable monsieur Lazhar qui a été arrêté en Algérie sous de fallacieuses accusations d’apologie du terrorisme. L’ironie du sort c’est qu’il est allé en Algérie pour faire une bonne œuvre charitable, offrir aux habitants de sa ville natale une fontaine publique qu’il a aménagée par ses propres moyens. Un don fait à sa communauté à la mémoire de son fils Mehdi (décédé au Canada, il y a quelques mois, à l’âge de 21 ans), pour que sa ville natale garde un souvenir de son passage sur la terre de ses ancêtres.



Salah El Khalfa Beddiari

Écrivain et membre du C.A. du centre québécois du P.E.N. international