lundi 11 novembre 2024

Le roman, "Le Joueur" vu par l'I.A.

 



Le Roman « Le Joueur » de Salah El Khalfa Beddiari

Ce qu’on a dit sur le roman « Le Joueur », ici, en particulier la lecture l’intelligence artificielle.

« Le Joueur » raconte l’histoire d’un homme qui reçoit un colis inattendu de son frère disparu. Ce colis contient une lettre, une procuration, un chèque et un manuscrit intitulé « Le Joueur ». Dans cette lettre, le frère explique qu’il a volontairement choisi de disparaître pour entreprendre une expérience existentielle unique, où il devient à la fois le sujet et l’objet d’une exploration personnelle. Il demande à son frère de faire publier son manuscrit et d’exécuter ses dernières volontés sans poser de questions ni chercher à le retrouver.

Le manuscrit raconte l’histoire d’un personnage mystérieux appelé « Le Joueur », qui incarne une philosophie de vie basée sur la liberté totale, la remise en question des normes sociales et la recherche d’une existence transcendante. Le Joueur est un être qui refuse les conventions et explore les limites de la conscience humaine à travers des expériences extrêmes. Il est également accompagné d’une acolyte, Alysia, dont les visions mystiques et les rêves symboliques ajoutent une dimension spirituelle et onirique au récit.

Au fil du roman, le narrateur découvre que « Le Joueur » a été adapté en pièce de théâtre, mais celle-ci est rapidement interdite en raison de son contenu jugé subversif et obscène. Cette interdiction suscite un débat public intense, divisant l’opinion entre ceux qui défendent la liberté d’expression artistique et ceux qui dénoncent une atteinte aux valeurs morales. Le scandale autour de la pièce contribue paradoxalement à rendre le manuscrit célèbre, ce qui pousse les éditeurs à vouloir publier l’œuvre.

La quête existentielle

Le thème central du roman est la quête de sens dans un monde où les conventions sociales et morales sont remises en question. Le frère disparu choisit délibérément de s’effacer pour explorer les limites de l’existence humaine à travers une expérience radicale. Cette quête existentielle est incarnée par le personnage du Joueur, qui refuse toute forme d’autorité ou de contrainte.

La liberté et la transgression

Le roman explore la notion de liberté absolue, mais aussi les dangers qui l’accompagnent. Le Joueur se libère des normes sociales et morales pour vivre selon ses propres règles, mais cette liberté conduit à des situations extrêmes où les frontières entre le bien et le mal deviennent floues.

La critique sociale

À travers le scandale autour de la pièce de théâtre *Le Joueur*, Beddiari critique la société contemporaine et son rapport à l’art, à la morale et à la censure. La pièce est perçue comme une menace pour l’ordre social en raison de ses scènes explicites et provocantes, mais elle soulève également des questions sur la liberté d’expression artistique.

L’illusion et la réalité

Le roman joue constamment sur la frontière entre réalité et illusion. Le personnage du Joueur vit dans un monde où les perceptions sont altérées, où les rêves se mêlent à la réalité, créant une atmosphère ambiguë où il devient difficile de distinguer le vrai du faux.

L’absurde et l’existentialisme

À travers le parcours du frère disparu et du Joueur, Beddiari aborde des thèmes existentialistes proches des œuvres d’Albert Camus ou Jean-Paul Sartre. Les personnages sont confrontés à l’absurdité de leur existence et cherchent à donner un sens à leur vie dans un monde dépourvu de certitudes.

 

Analyse stylistique, structure narrative

Le roman adopte une structure fragmentée où plusieurs récits s’entrelacent : celui du frère disparu, celui du narrateur qui reçoit son manuscrit, et celui du Joueur lui-même. Cette structure reflète l’idée d’une quête existentielle éclatée où chaque personnage cherche sa propre vérité.

Mélange des genres

« Le Joueur » oscille entre plusieurs genres littéraires : le roman philosophique, le récit initiatique, la satire sociale, et même le théâtre avec l’adaptation scénique du manuscrit. Ce mélange des genres contribue à brouiller les frontières entre réalité et fiction.

Langage symbolique

Le texte est riche en symboles et en métaphores qui renforcent sa dimension philosophique. Par exemple, le jeu devient une métaphore centrale pour représenter la vie humaine comme une série de choix aléatoires influencés par des forces extérieures incontrôlables.

Réflexion méta-littéraire

À travers les réflexions sur l’interdiction théâtrale et les réactions critiques au manuscrit, Beddiari interroge également le rôle de l’écrivain dans la société moderne ainsi que les limites imposées par la censure.

« Le Joueur » est un roman complexe qui explore des questions profondes sur la liberté individuelle, le sens de l’existence et les tensions entre art et société. À travers ses personnages énigmatiques et ses situations provocantes, Salah El Khalfa Beddiari propose une réflexion philosophique sur les choix que nous faisons dans nos vies et sur les conséquences qu’ils entraînent.

La dimension philosophique du jeu dans « Le Joueur »

Dans « Le Joueur », Salah El Khalfa Beddiari explore la notion du jeu non seulement comme une activité ludique, mais aussi comme une métaphore profonde de la condition humaine. Le jeu devient un prisme à travers lequel la vie, les choix et les rôles sociaux sont examinés. Voici quelques aspects clés de cette dimension philosophique :

Le jeu comme métaphore de la vie

Le personnage du « Joueur » incarne l'idée que la vie elle-même est un jeu, où chacun est invité à participer, consciemment ou inconsciemment. Cette métaphore suggère que la vie est régie par des règles, des choix et des hasards, tout comme un jeu. Cependant, contrairement à un simple divertissement, ce « jeu » de la vie a des conséquences réelles et profondes. Le « Joueur » choisit de vivre selon ses propres règles, en rejetant les normes sociales et en embrassant une liberté radicale.

Les rôles imposés vs les rôles choisis

L'une des questions centrales du roman est de savoir si les individus jouent des rôles imposés par la société ou s'ils choisissent librement ces rôles. Dans « Le Joueur », Beddiari interroge cette frontière entre le rôle que l'on endosse volontairement et celui qui nous est imposé par les circonstances extérieures (culturelles, sociales, familiales). Le personnage principal, en choisissant d'adopter le rôle du « Joueur », semble revendiquer une autonomie totale sur son existence. Il refuse de se conformer aux attentes sociales et cherche à redéfinir son propre destin.

Cependant, cette quête de liberté totale soulève une question philosophique importante : dans quelle mesure nos choix sont-ils vraiment libres ? Même lorsque le « Joueur » pense qu'il agit en dehors des conventions, il reste influencé par son environnement et ses expériences passées. Cela renvoie à la notion philosophique du « libre arbitre » : sommes-nous vraiment libres de nos actions ou sommes-nous déterminés par des forces extérieures ?

Le jeu comme espace de liberté

Dans le roman, le jeu est vu comme un espace où les règles habituelles de la société peuvent être suspendues ou réinventées. Le « Joueur » utilise cet espace pour explorer les limites de la conscience humaine et tester ce qu'il appelle « la traversée du monde ». Ici, le jeu devient une forme d'exploration existentielle où les personnages peuvent expérimenter différentes façons d'être et de penser.

Cette idée rejoint la conception du philosophe Johan Huizinga dans *Homo Ludens*, selon laquelle le jeu est une activité autotelique (qui a sa fin en elle-même) et qui offre une liberté unique par rapport aux contraintes du monde réel [9]. Dans ce contexte, jouer n'est pas simplement un divertissement ; c'est une manière d'exister pleinement dans un espace où l'individu peut se libérer des contraintes sociales.

La tension entre déterminisme et libre arbitre

Un autre aspect philosophique exploré dans « Le Joueur » est la tension entre déterminisme et libre arbitre. Le personnage principal semble osciller entre ces deux pôles : d'une part, il revendique sa capacité à faire des choix indépendants (le libre arbitre), mais d'autre part, il est confronté aux limites imposées par son environnement social et culturel (le déterminisme).

Cette tension est particulièrement visible dans les scènes où le « Joueur » cherche à échapper aux attentes sociales tout en étant inévitablement influencé par elles. Cela soulève une question existentielle fondamentale : jusqu'à quel point nos actions sont-elles réellement libres ou sont-elles simplement le produit de forces extérieures qui nous dépassent ? Cette réflexion rejoint les débats philosophiques sur le « déterminisme »[8] : si tout événement est causé par des événements antérieurs, alors nos choix sont-ils vraiment libres ?

Le jeu comme subversion sociale

Dans « Le Joueur », le jeu devient également un acte de subversion sociale. En refusant de suivre les règles établies par la société, le « Joueur » remet en question l'ordre social et moral. Ce rejet des conventions fait écho aux théories existentialistes selon lesquelles l'individu doit créer ses propres valeurs dans un monde absurde dépourvu de sens préétabli.

Le scandale autour de la pièce de théâtre basée sur « Le Joueur » reflète cette subversion : la société perçoit le contenu comme une menace à l'ordre établi parce qu'il expose les contradictions inhérentes aux normes morales et religieuses. Le personnage du « Joueur » devient ainsi un symbole de rébellion contre l'autorité et les structures sociales oppressives.

Les rôles sociaux : joués consciemment ou inconsciemment ?

Une autre question soulevée par Beddiari dans ce roman est celle de savoir si nous jouons nos rôles sociaux consciemment ou inconsciemment. Dans beaucoup de cas, nous adoptons des comportements dictés par notre environnement sans même nous en rendre compte (ce que Pierre Bourdieu appellerait l'« habitus »). Cependant, le « Joueur » choisit consciemment d'adopter un rôle différent, celui d'un être libre qui refuse toute forme d'aliénation.

Cela pose la question suivante : peut-on réellement échapper aux rôles que nous impose la société ? Ou bien sommes-nous toujours piégés dans un réseau complexe d'attentes sociales qui façonnent notre identité ?

Dans « Le Joueur », Salah El Khalfa Beddiari utilise le concept du jeu pour explorer des questions philosophiques profondes sur la liberté individuelle, le déterminisme social et la quête existentielle. À travers son personnage principal, il interroge notre capacité à choisir nos propres rôles dans la vie face aux contraintes imposées par la société. Le jeu devient ainsi un espace où l'individu peut expérimenter différentes façons d'être tout en remettant en question les normes établies.

En fin de compte, Beddiari laisse ouverte la question de savoir si nous sommes vraiment libres ou si nous jouons simplement des rôles prédéterminés par notre environnement social et culturel.

 

Citations:

[1] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/7c199c49-25ea-4a92-b200-b49109d1e330/Salah-El-Khalfa-Beddiari-1.pdf

[2] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/38e18fd5-f077-4f89-b0e9-ff801338305f/Salah-El-Khalfa-Beddiari-voix-algerienne-au-Quebec.pdf

[3] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/a88ba101-2cd1-4558-a5ae-96367fe49777/Le-Joueur-pour-Kindle.docx

[4] https://ir.lib.uwo.ca/cgi/viewcontent.cgi?article=2990&context=etd

[5] https://faculty.uml.edu/rinnis/Play%20of%20Life--Focaal.pdf

[6] https://thephilosophyforum.com/discussion/642/the-nature-of-the-individuals-responsibility-to-the-group-or-society

[7] https://eige.europa.eu/gender-mainstreaming/policy-areas/culture

[8] https://en.wikipedia.org/wiki/Free_will

[9] https://dialnet.unirioja.es/descarga/articulo/6489949.pdf

[10] https://courses.lumenlearning.com/wm-introductiontosociology/chapter/gender-and-socialization/

 



100 MOTS D'AMOUR ET DE LUMIÈRE

 



100 mots d'amour et de lumière

Plongez dans un univers poétique où l'amour et la lumière se rencontrent pour illuminer les recoins les plus sombres de l'âme. « 100 mots d'amour et de lumière » est une invitation à explorer la profondeur des émotions humaines à travers la beauté des mots et la puissance des images. Chaque poème est une étincelle, une exploration intime du sentiment amoureux, où chaque vers révèle une nouvelle facette de ce mystère éternel.

Dans ce recueil, Salah El Khalfa Beddiari nous guide avec sa plume délicate et évocatrice, évoquant les nuances infinies de l'amour et de la lumière. Que ce soit à travers la douceur d'une caresse matinale ou l'intensité d'un regard passionné, chaque mot est choisi avec soin pour toucher le cœur du lecteur.

Laissez-vous emporter par ces vers qui célèbrent l'amour sous toutes ses formes, du plus incandescent au plus subtil, et découvrez comment, même dans les cendres, l'amour continue de briller. Ce livre est un véritable hommage à la beauté intemporelle des sentiments humains, un voyage poétique qui ne manquera pas de vous émouvoir et de vous inspirer.

dimanche 10 novembre 2024

Le recueil « Adel le Sémite ou l'éclipse du printemps » Présenté par l'I.A.

 

« Adel le Sémite ou l'éclipse du printemps » 


Ce recueil se compose de quatre tableaux poétiques qui abordent des thématiques contemporaines telles que le printemps arabe avorté ou les bouleversements contemporains de ce monde, la persécution des résistants politiques dans ce même monde arabe, la tragédie des traversées maritimes des migrants clandestins et l'exploitation des immigrants en Occident. Avec une plume engagée et sensible, Beddiari dépeint avec une rare intensité les drames individuels et collectifs, tout en célébrant la résilience et le courage de ceux qui refusent de se soumettre à l'injustice. Il nous plonge dans une fresque poétique où se croisent les thèmes de l'exil, de la révolte et de l'identité et nous livre une réflexion profonde sur la condition humaine et les luttes sociales.

Le printemps arabe avorté et la révolte

Le recueil commence par une évocation du printemps arabe, symbolisé par Adel, un personnage qui incarne à la fois l'espoir et la désillusion. Adel est un "Sémite giflé par tous les vents", un homme pris entre des régimes autoritaires et des promesses de liberté non tenues. À travers des images fortes et des métaphores saisissantes, Beddiari dépeint la répression brutale des résistants politiques dans les pays arabes, tout en rendant hommage à ceux qui se sont levés contre l'oppression.

La persécution des résistants politiques

Adel est un personnage marqué par la violence des régimes autocratiques. Il est tour à tour battu, emprisonné, humilié, mais refuse de se soumettre. La poésie de Beddiari exprime avec force cette lutte pour la dignité humaine, où Adel incarne un peuple qui refuse la fatalité de l'asservissement. Le poète décrit avec précision les souffrances physiques et morales infligées aux résistants, tout en soulignant leur résilience.

La tragédie de la traversée maritime des migrants

Un autre tableau marquant du recueil est celui d'Adel face à la mer. Ici, Beddiari aborde le drame des migrants clandestins qui risquent leur vie pour traverser la Méditerranée en quête d'une vie meilleure en Occident. La mer devient une métaphore puissante de l'espoir et du désespoir, où Adel se voit rejeté par les vagues comme un naufragé sans patrie. Ce passage poignant met en lumière la tragédie humaine des migrants qui fuient la guerre et la pauvreté.

L'exploitation des immigrants en Occident

Le dernier tableau du recueil traite de l'arrivée d'Adel en Occident, où il découvre une nouvelle forme d'oppression : l'exploitation des immigrants. Adel est confronté à un système qui le marginalise et le réduit à une existence précaire. Beddiari dénonce ici les injustices sociales auxquelles sont confrontés les immigrants dans leurs terres d'accueil, tout en soulignant leur lutte pour retrouver leur dignité.

Style poétique

Salah El Khalfa Beddiari adopte un style poétique à la fois lyrique et engagé. Son écriture est marquée par une grande richesse d'images et de métaphores qui capturent l'intensité des émotions vécues par ses personnages. Les vers sont souvent courts, percutants, avec un rythme qui reflète l'urgence de la situation décrite. Le poète joue également avec les symboles — le soleil, le sable, la mer — pour exprimer les tensions entre oppression et liberté.

Structure du recueil

Le recueil est divisé en quatre parties distinctes :

« Adel et le drone impérial » : où Adel tente d'échapper aux forces militaires oppressives.

« Adel le printanier » : qui explore sa quête de liberté lors du printemps arabe.

« Adel et la mer » : où il affronte les dangers de la migration clandestine.

« Adel et le vent du Nord » : où il fait face aux défis d'une vie d'immigrant en Occident.

Chaque partie est construite autour d'un thème central qui reflète une étape clé dans le parcours d'Adel.

« Adel le Sémite ou l'éclipse du printemps » est une œuvre vibrante et profondément humaine qui aborde avec lucidité les réalités contemporaines du monde arabe et celles des migrants en quête d'une vie meilleure. À travers son personnage central, Salah El Khalfa Beddiari nous offre une réflexion poignante sur l'exil, la révolte et la quête incessante de dignité dans un monde marqué par l'injustice sociale et politique.

Ce recueil s'inscrit dans la grande tradition de la poésie engagée tout en offrant une voix unique qui résonne avec force dans notre époque troublée.

Citations:

[1] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/bbf923ba-e812-4675-91f7-80c752524494/Adel-le-semite-int-5.25x7.5-Final2-1.pdf

[2] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/7c199c49-25ea-4a92-b200-b49109d1e330/Salah-El-Khalfa-Beddiari-1.pdf

[3] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/38e18fd5-f077-4f89-b0e9-ff801338305f/Salah-El-Khalfa-Beddiari-voix-algerienne-au-Quebec.pdf

[4] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/a88ba101-2cd1-4558-a5ae-96367fe49777/Le-Joueur-pour-Kindle.docx

[5] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/bbf923ba-e812-4675-91f7-80c752524494/Adel-le-semite-int-5.25x7.5-Final2-1.pdf

 

 

LA PALESTINE, le génocide du 21e siècle

 

LES INVASIONS BARBARES

EST-CE UNE GUERRE OU UN GÉNOCIDE?

Sommes-nous devenus de marbre et d’acier insensibles aux massacres d’enfants, aux bombardements sauvages des camps de réfugiés, des bâtiments civils, des maisons, des écoles des hôpitaux, des routes, des ponts et des autoroutes. Le monde libre et riche, qui fabrique tout l’attirail militaire du monde, est-il frappé de cécité, ne voit-il pas l’assassinat de bébés, est-il sourd, n’entend-il pas les cris de leurs mères. L’establishment occidental et ses membres qui nous gouvernent sont-ils des êtres humains, ont-ils des familles, ont-ils des enfants, des femmes, des mères, des grand-mères? Ont-ils la moindre fibre humaine qui vibre et hurle des tréfonds de leur misérable existence que TUER UN BÉBÉ EST ACTE BARBARE?

Fuck les éditorialistes hypocrites qui analysent comme des robots le massacre de pauvres imbéciles civils.

Fuck les spécialistes et autres experts qui décortiquent l’agression comme une machine et la ramène à une étude sociopolitique, de tactique et de stratégie.

Fuck les journalistes objectifs aux visages souriants, égrenant les statistiques du nombre des morts des deux côtés

Fuck les hauts fonctionnaires, les représentants de l’état qui ruminent et vomissent les déclarations meurtrières de leur chef.

FUCK THEM ALL comme le dit si bien la chanson.

Et si l'on inversait l’équation …

1. La Palestine a le droit de se défendre.

2. La Palestine a le droit d’exister.

3. La Palestine a le droit de protéger ses citoyens.

4. La Palestine a le droit de récupérer ses terres occupées par Israël.

5. La Palestine a le droit d’établir une zone tampon de 3 km à l’intérieur d’Israël pour assurer sa sécurité.

6. La Palestine a le droit d’accueillir ses réfugiés chassés par les forces d’occupation israélienne.

7. La Palestine a le droit d’exister dans ses frontières issues du partage de l’ONU en 1967.

8. La Palestine a le droit de contrôler ses frontières.

9. La Palestine a le droit de poursuivre ses agresseurs pour crime contre l’humanité et crimes de guerre.

10. La Palestine a le droit de contrôler son espace aérien, maritime et terrestre.

11. La Palestine considère que toute présence de forces étrangères sur son territoire comme une attaque unilatérale, elle utilisera en conséquence son droit de défense, elle utilisera la force et tous les moyens dont elle dispose y compris ses ADM pour protéger ses citoyens et son territoire.

12. La Palestine exige le démantèlement et la dissolution de tous les mouvements extrémistes appelant à sa destruction et à sa disparition en Israël.

13. La Palestine se réserve le droit de poursuivre ses ennemis dans leurs propres pays, de les capturer, les emprisonner ou de les liquider.

14. La Palestine avertit tous les pays qui soutiennent les actes criminels des forces d’occupation de ses territoires et les considère comme ennemis déclarés de La Palestine au même titre que l’État hébreu.

15. La Palestine informe toutes les personnes étrangères vivant et habitant sur son territoire dans les colonies qu’elle procèdera à la destruction au bulldozer de toutes les maisons s’y trouvant encore à la fin de cette année.

samedi 9 novembre 2024

"La mémoire du soleil", dans la presse



La mémoire du soleil

Présentation du recueil « La mémoire du soleil »

« La mémoire du soleil » (2000) est le premier recueil de poésie de Salah El Khalfa Beddiari, un auteur algérien installé à Montréal. Ce recueil est une œuvre poignante qui explore les thèmes de l'exil, de la mémoire, de la douleur et de l'espoir, tout en rendant hommage aux victimes des violences politiques en Algérie durant les années 1990. À travers une écriture poétique riche et évocatrice, Beddiari tisse un lien entre son passé algérien et sa nouvelle vie au Québec.

1. « L'exil et le déracinement »

   « La mémoire du soleil » est profondément marqué par la douleur de l'exil. Beddiari y exprime la souffrance d'être arraché à sa terre natale, l'Algérie, et de devoir reconstruire sa vie ailleurs. Le soleil, symbole central du recueil, incarne à la fois la chaleur des souvenirs d'enfance et l'éloignement douloureux de cette terre perdue. L'exil est vécu comme une déchirure, un vide que seule la mémoire peut combler.

2. La mémoire et le souvenir

   La mémoire joue un rôle fondamental dans ce recueil. Beddiari revisite des souvenirs d'enfance, des paysages lumineux d'Algérie, des moments marquants de sa vie avant l'exil. Le soleil devient une métaphore récurrente pour évoquer ces souvenirs brûlants qui illuminent le passé tout en soulignant l'absence dans le présent.

3. La violence et la guerre civile algérienne

   « La mémoire du soleil » est également un témoignage poignant sur les horreurs de la guerre civile algérienne des années 1990. Beddiari dénonce les massacres, la répression politique et les violences qui ont ravagé son pays natal. Il rend hommage aux intellectuels, poètes et journalistes assassinés pendant cette période sombre, tout en exprimant sa révolte contre l'obscurantisme religieux et la barbarie.

4. L'amour pour la terre natale

   Malgré la douleur de l'exil, Beddiari exprime un amour profond pour son Algérie natale. Cet amour se manifeste à travers des descriptions poétiques des paysages algériens — le désert, les montagnes, la mer Méditerranée — mais aussi à travers ses souvenirs personnels liés à sa famille et à ses amis restés au pays.

5. La quête identitaire

   Dans ce recueil, Beddiari interroge son identité en tant qu'immigrant au Québec. Il se retrouve tiraillé entre deux mondes : celui qu'il a quitté (l'Algérie) et celui où il tente de s'intégrer (le Québec). Cette quête identitaire est omniprésente dans ses poèmes, où il cherche à se réconcilier avec ses origines tout en s'adaptant à sa nouvelle réalité nord-américaine.

Structure du recueil

Le recueil est divisé en plusieurs sections intitulées "mémoires" (Mémoires du désir, Mémoires diffractées, Mémoires éphémères et Mémoire épistolaire), chacune déclinée en adjectifs féminins tels que « la Fabuleuse », « la Fertile », « la Fugace », etc. Chaque section contient des poèmes dédiés à des personnes chères à l'auteur — amis proches ou disparus tragiquement en Algérie — renforçant ainsi le lien intime entre la poésie et la mémoire personnelle.

Style poétique

Salah El Khalfa Beddiari adopte une écriture poétique à la fois lyrique et engagée. Son style est marqué par une grande sensibilité aux mots et aux images, avec un souci constant pour la musicalité du vers. Il mêle habilement prose poétique et vers libres pour exprimer ses émotions complexes liées à l'exil et à la perte. Chaque mot semble pesé avec soin pour capturer l'intensité des sentiments qu'il évoque.

Réception critique

Depuis sa parution en 2000, « La mémoire du soleil » a été salué par la critique pour sa profondeur émotionnelle et son engagement littéraire. Le recueil a été reconnu comme une œuvre majeure dans la littérature migrante au Québec, témoignant de l'expérience complexe de l'exil tout en offrant une réflexion universelle sur le déracinement et la quête identitaire.

En somme, « La mémoire du soleil » est un recueil puissant qui explore avec finesse les thèmes de l'exil, de la mémoire et de l'identité tout en rendant hommage aux victimes des violences politiques en Algérie. C'est une œuvre incontournable pour comprendre les dynamiques intérieures d'un écrivain marqué par son histoire personnelle et collective. 

L'exil dans les œuvres de Salah El Khalfa Beddiari

L'exil est un thème central et récurrent dans l'œuvre de Salah El Khalfa Beddiari, un écrivain et poète algérien installé à Montréal depuis 1995. À travers ses écrits, Beddiari explore les multiples facettes de l'exil, tant sur le plan personnel que collectif, en abordant les dimensions émotionnelles, identitaires et philosophiques de cette expérience. Voici comment l'exil se manifeste dans ses œuvres :

1. « L'exil comme déchirure personnelle »

Dans « La mémoire du soleil » (2000), Beddiari exprime la douleur de l'exil à travers des poèmes qui revisitent les souvenirs de son Algérie natale. L'exil est vécu comme une séparation brutale d'avec sa terre d'origine, une déchirure qui laisse un vide profond. Le poète se retrouve tiraillé entre deux mondes : celui qu'il a laissé derrière lui (l'Algérie) et celui où il tente de s'intégrer (le Québec). Le soleil, symbole récurrent dans ce recueil, incarne à la fois la chaleur des souvenirs d'enfance et l'éloignement douloureux de cette terre perdue. L'exil est ainsi présenté comme une expérience marquée par la nostalgie et la perte.

2. La quête identitaire à travers l'exil

L'exil chez Beddiari n'est pas seulement une question géographique, mais aussi une quête identitaire profonde. En quittant son pays natal, il est confronté à un questionnement sur son identité : qui est-il

Citations:

[1] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/7c199c49-25ea-4a92-b200-b49109d1e330/Salah-El-Khalfa-Beddiari-1.pdf

[2] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/38e18fd5-f077-4f89-b0e9-ff801338305f/Salah-El-Khalfa-Beddiari-voix-algerienne-au-Quebec.pdf

[3] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/a88ba101-2cd1-4558-a5ae-96367fe49777/Le-Joueur-pour-Kindle.docx

[4] https://www.coopzone.ca/produit/1484409-salah-el-khalfa-beddiari

[5] https://editionshexagone.groupelivre.com/blogs/auteurs/salah-el-khalfa-beddiari-bedd1000

[6] https://memoiredencrier.com/auteurs/salah-el-khalfa-beddiari/

[7] http://www.litterature.org/recherche/ecrivains/beddiari-salah-el-khalfa-1958/

[8] https://lesvoixdelapoesie.ca/lire/poetes/salah-el-khalfa-beddiari

La place de la mémoire dans les écrits de Salah El Khalfa Beddiari

La mémoire occupe une place centrale dans l'œuvre de Salah El Khalfa Beddiari, en particulier dans son recueil « La mémoire du soleil » (2000). À travers ses écrits, Beddiari explore la mémoire sous plusieurs angles : personnel, collectif, historique et culturel. La mémoire devient un outil fondamental pour comprendre l'exil, le déracinement et la quête identitaire. Voici comment la mémoire se manifeste dans ses œuvres :

1. La mémoire personnelle : un lien avec le passé

Dans « La mémoire du soleil », Beddiari revisite ses souvenirs d'enfance et de jeunesse en Algérie, avant son exil au Québec. Le soleil, symbole récurrent dans ce recueil, incarne à la fois la chaleur des souvenirs et l'éloignement douloureux de sa terre natale. La mémoire personnelle devient ainsi un refuge face à la douleur de l'exil. Beddiari se replonge dans les paysages lumineux d'Algérie, les moments marquants de sa vie passée, tout en confrontant ces souvenirs à sa réalité présente au Québec.

Le poète utilise des images fortes pour évoquer les sensations liées à son passé : le soleil brûlant du désert algérien, les rituels quotidiens, les relations familiales et amicales. Ces souvenirs sont souvent teintés de nostalgie, mais aussi d'une certaine mélancolie liée à l'irréversibilité du temps.

2. La mémoire collective et historique

Beddiari ne se contente pas d'explorer sa propre mémoire ; il s'intéresse également à la mémoire collective de son peuple. Dans « La mémoire du soleil », il rend hommage aux victimes de la guerre civile algérienne des années 1990, une période marquée par des violences extrêmes et des massacres qui ont profondément marqué l'Algérie. Le poète évoque la répression politique et les assassinats d'intellectuels, de journalistes et d'artistes engagés.

À travers ses poèmes, Beddiari cherche à préserver cette mémoire collective pour éviter que ces événements tragiques ne sombrent dans l'oubli. Il exprime sa révolte contre l'obscurantisme religieux et la barbarie qui ont ravagé son pays natal. La poésie devient ainsi un acte de résistance contre l'oubli et une manière de rendre hommage aux disparus.

3. La mémoire comme outil de reconstruction identitaire

L'exil est souvent synonyme de perte d'identité, mais pour Beddiari, la mémoire joue un rôle crucial dans la reconstruction de cette identité fragmentée. En revisitant son passé algérien tout en s'ancrant dans sa nouvelle réalité québécoise, il tente de réconcilier ces deux mondes qui semblent parfois inconciliables.

Dans ses écrits, la mémoire permet au poète de redéfinir son identité en tant qu'immigrant au Québec. Il se retrouve tiraillé entre deux cultures : celle qu'il a laissée derrière lui (l'Algérie) et celle où il tente de s'intégrer (le Québec). Cette quête identitaire est omniprésente dans ses poèmes, où il cherche à se réapproprier son passé tout en construisant un avenir dans son pays d'accueil.

4. La mémoire comme espace littéraire

Pour Salah El Khalfa Beddiari, la mémoire n'est pas seulement un thème ; elle devient également un espace littéraire où il peut explorer les possibilités infinies de son art poétique et romanesque. Comme le souligne Najib Redouane dans « Salah El Khalfa Beddiari: Voix algérienne au Québec », l'œuvre de Beddiari est marquée par "des images gardées par la mémoire et que transfigurent les mots" [1]. La poésie permet ainsi au poète de transformer ses souvenirs en matière littéraire, offrant au lecteur une nouvelle vision du passé.

L'écriture poétique devient un moyen pour Beddiari d'interroger le rôle de la mémoire dans la construction du présent. En revisitant des événements passés à travers le prisme de la poésie, il propose une réflexion sur le temps qui passe et sur l'impact des souvenirs sur notre perception du monde actuel.

5. La mémoire comme résistance contre l'oubli

Enfin, pour Salah El Khalfa Beddiari, écrire est un acte de résistance contre l'oubli. Dans « La mémoire du soleil », il exprime son désir de préserver non seulement sa propre histoire personnelle mais aussi celle de son peuple. La poésie devient un moyen de lutter contre l'effacement des mémoires individuelles et collectives face aux violences politiques et sociales.

En rendant hommage aux victimes des massacres en Algérie ou en évoquant les paysages disparus de son enfance, Beddiari montre que la poésie peut être un outil puissant pour préserver ce qui risque d'être oublié. Il inscrit ainsi sa voix dans une tradition littéraire où la mémoire est non seulement une source d'inspiration mais aussi une forme d'engagement politique.

Dans les œuvres de Salah El Khalfa Beddiari, notamment *La mémoire du soleil*, la mémoire occupe une place prépondérante en tant que lien entre le passé et le présent. Elle permet au poète d'explorer les thèmes universels du déracinement, de l'exil et de l'identité tout en rendant hommage aux victimes des violences politiques en Algérie. La poésie devient ainsi un espace où la mémoire personnelle et collective peut être préservée et transfigurée par les mots

Sources:

[1] Salah-El-Khalfa-Beddiari-1

Citations:

[1] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/7c199c49-25ea-4a92-b200-b49109d1e330/Salah-El-Khalfa-Beddiari-1.pdf

[2] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/38e18fd5-f077-4f89-b0e9-ff801338305f/Salah-El-Khalfa-Beddiari-voix-algerienne-au-Quebec.pdf

[3] https://ppl-ai-file-upload.s3.amazonaws.com/web/direct-files/36235549/a88ba101-2cd1-4558-a5ae-96367fe49777/Le-Joueur-pour-Kindle.docx

[4] https://lesvoixdelapoesie.ca/lire/poetes/salah-el-khalfa-beddiari

[5] https://www.coopzone.ca/produit/1484409-salah-el-khalfa-beddiari

[6] http://www.litterature.org/recherche/ecrivains/beddiari-salah-el-khalfa-1958/

[7] https://www.messageries-adp.com/editions-hexagone/-memoire-soleil/salah-el-khalfa-beddiari/livre/9782890066373


Extraits

LA MÉMOIRE DU SOLEIL

de Salah El Khalfa Beddiari

 

1-    Mémoires du désir

 

La nuit les chemins s'amenuisent
les rumeurs du déluge s'affûtent
les armes blanches s'aiguisent
l'homme au verbe émacié s'arroge
la légende qui s'immisce entre l'ongle et la chair.

La sourde gestation des lettres ensanglantées gronde
lasse, elle s'agrippe à l'échine de marbre
lésée dans son récif, elle demeure insoumise
lésine sur le dernier souffle, se terre debout
libre que de servir d'almée de plaisir sans griffes.

Lanterner à contempler les pages qui tournent quand
l'étalement des raies obscures absorbe la gêne
l'incandescent gène défigure lentement le genre
le destin de l'apocalypse de nos propres envies réveille
l'instinct animal à survivre même au génocide.

Apôtre des poitrines en jetée
témoin des prééminences prononcées
enfoui sous l'herbe au sommeil évanescent
l'élan fracassé, je rêve aux félins du sud
ressuscitent-ils un matin d'octobre sans fureur de mourir?

Les chemises noires remontent à la surface
enfilent les masques de l'au-delà
embrasent les moissons de juin
éventrent l'espoir d'une jeune liberté
enflammant son nez qui ne plie pas.

Majestueusement le soleil se lève
maître de l'orient, il cuivre l'hymne et le hameau
balourd, il blanchit la semence à la racine
muets, aveuglés par l'or de sa clarté
les frères s'entre-tuent à coups de hache et de mots.

La haine les unit à suivre la route du sel
et soutenir la voûte du mois d'août
et vivre le supplice de l'assoiffé
et creuser le puits de l'âme
et subir la sentence du plus fort.

Il s'approche, le soleil
illuminant la voie brumeuse du salut
nos faces éclairées et éclairantes
nos enjambées sûres et rassurantes
illusionnent l'euphorie des retrouvailles.

À le deviner amer, exclu, ébloui, l'air ailleurs
sa plume qui divague, seules les vagues le mènent
mirage: l'écorce se fendille, la terre se craquelle
l'ébène se tait, m'épater! Ses cheveux de flammes
la flûte le pleure, mains tendues, ô mon soleil!

Aucun épi ne nargue le ciel sans les tendres semailles
aucune récolte sans sueur, sans l'incessant labeur
aucune galette ne lève sans le printemps son levain
aucune révolte sans la rapine méprise
après la nuit vient le jour même par césarienne.
Quand elle se lève, lumière est son allure
fétu et sans ombre, je l'étrenne de l'aurore à l'aurore
dans toutes mes fibres l'impact de ses baisers
dans tous les recoins de la ville sa silhouette m'habite
à me consumer.

Brûle
j'éclaire dans ma combustion
la face sombre du globe
cendres éparpillées sur les friches de son cœur
je cultive sous serre ce qui nous reste d'amour.

Dans l'immensité claire de ses yeux: la preuve
de leurs blancs crémeux: le phare guidant
de ses iris les marins du monde s'éprennent
de ses pupilles du matin, les fils de la rivière
attendent l'air et l'éclair et des girofles sur la pomme.

De la naissance de toute étoile l'explosion
la fin de tout astre est l'implosion
inébranlable
époustouflante comme cette sentence:
toute guerre est pitoyable: futile pitance des gueux.

De toute leur splendeur les empires s'écroulent
du premier gémissement au souffle de l'agonie
l'inexorable effritement
l'émiettement
l'extinction.

Nos aspirations radieuses au large de nos espoirs coulent
là où les gazelles s'abreuvent à la seguia du désert
là où les étincelles de braise tiennent la nuit en éveil
là où le marbre se cristallise racé et veiné turquoise
là où le bronze se révèle sans cesse poterie à l'homme.

La faille: blessure au cep des mots
flétrissure du creuset des palmeraies
torride est la torpeur de son reflet
qui gifle la parure de mon vertige
vestige du rare désir.

Le soleil déambule seul et hautain
la honte au front, sur les océans, vaincu
la sécheresse, se défend-il, n'est pas de mon fait seul
de sa pâleur se reflète déjà la peine du fellah
la diffa pour cette saison n'est plus certaine.

Lentement l'été s'éloigne, quitte mon coucher
emportant les saines mais vaines sueurs noires
sonnant le glas des noces prochaines
les rivières tarissent quand l'orge bourgeonne
car de toute sa carrure elle charrie le sel et l'or du sol.

Les veines d'octobre durcissent
renversent le verre de la fielleuse piété
déversent l'eau de la fausse pudeur
et des sépales et de leurs nervures fléchées
ruissellent la fureur et les graines de vivre debout.

Les berçant de mes prunelles du crépuscule au lever
du liquide abiotique se reflètent somptueuses
la naissance de l'émeute et la houle de la foule
dans ce panorama le coup d'œil se délecte diffus
serpentant les traits saillants de la révolte.

Icônes bleutées sur le sol glacé gisant
signent l'étourdissement des résistants
qui saignent du fiel et l'amertume reconnaissance
de nos éveils successifs: la renaissance, seule la dernière
celle réincarnée voilée, amplement drapée, sévit.

Il s'envole, voile brisée, innocence violée, l'oiseau
blanches ses ailes, col bleu, bec mouillé
fatale est la traîtrise morsure camouflée
les ténèbres ne se rendent-elles pas haut les mains
quand dans son envol le condor diffuse le jasmin?

La colombe
de ses battements d'ailes
les œillets rouges tombent légers
l'allégresse fugace survole la fête du village
offrant l'accolade et le baiser d'un orient à l'autre.

Dans l'intimité de la tente de toutes les tempêtes
dans l'infinie bonté de la légende bédouine
dans l'indolence du verre de thé nomade
dans le secret de la naissance de l'amour
et dans la parole coulée acier du médah le colporteur.

L'attente, sublime l'attente de ces vivaces étincelles
qui portent l'eau à la lune éteinte à la veillée des sabres
à peine éclos guettant l'avènement du météore
ravi déjà par les iris qui charment l'obscurité de la tombe
foudroyé pour la vie par les impitoyables éclats de la vie.

Guidé et embrigadé par l'étendue du coquelicot
rebelle en laisse, je laisse pousser mes ongles
des mains et des orteils, des jambes et des bras
ramassant mes salopettes et mes savates
hurlant aux hommes, aux amis, ô frères, ô sœurs, j'aime!

Mène, raide comme le quartz, froid comme la morgue
les lits de toutes les rivières vers la mer
érige l'idéal de ton rêve bannière à tous les insurgés
aiguise tes mots et plante-les telle une haie
de rosiers, de chênes et de mûriers ornés, crie mon cœur.

De la semonce qui ne ment pas
et qui ne mord pas
je somme l'ultime offrande
de s'incliner devant les tendres prières
les prières de l'aimée à son aimé.

Le grand prédicateur s'épuise longtemps
debout au mihrab malmenant le discours de Dieu
ses paroles étendent le chemin de l'exclusion
le premier pilier de la prophétie s'écroule
rigide comme une idéologie en chrome.

Ravage, pulsations intimes, les veines enflent
les visages de rouge se couvrent
le sexe ébahi, désorienté tâtonne d'entre les cuisses
l'homme dans le brouillard façonné
sondé, élit Dieu.

Remettons nos destins au Tout-Puissant
démissionnons lancent les plus crédules
point de gavage reprends ton argile et son emballage
et gouverne-nous dans l'explicite ici-bas
pour mériter notre foi et notre bénédiction.

Excédé par tant de sollicitude
dépassé par tant de désinvolture
fasciné par tant de désintéressement
séduit par tant de reconnaissance
le grand Dieu accède au trône.

Il fraie une fente: séquence du premier acte
voit pousser à travers la frondaison et d'entre les lianes
la silhouette d'une vierge passante
il déploie son regard de fleurs escorté
s'abreuvant des yeux dans l'oasis du corps en chair.

Cette chair pucelle de la volupté céleste
qui sur les larges feuilles de figuier s'étale
il lui insuffle la braise du désir, incrustés, tatoués, gravés
d'immenses soupirs au parfum des houris tombent du ciel
de cet éternel règne l'image et l'évocation vivent toujours.

 

 

 

 


 

Dans la presse québécoise et canadienne

La Presse, Montréal, Canada, Sauf-conduit, 14 mai 2000

Stéphane Despatie, collaboration spéciale

Salah El Khalfa Beddiari, algérien d’origine, vit au Québec depuis 1995, La Mémoire du soleil, fraîchement publié aux éditions de l’Hexagone, est son premier recueil. Préfacé par Serge Patrice Thibodeau, ce livre écrit en français (bien que ce ne soit pas la langue d’origine de l’auteur), est exigeant par son propos. Chaque page est empreinte de souvenirs, de souffrances, de traversées, de difficultés et de lumière. Jamais le sujet ne s’efface devant la langue. Cette dernière est bien maitrisée, la coupe des vers est intéressante. Le tout semble plutôt classique, mais en pénétrant davantage dans le recueil, on voit la poésie prendre un espace encore libre. Plus le recueil avance, plus on sent une progression dans l’occupation de la page. Le poète, comme le lecteur, est de plus en plus à l’aise. On échappe au verbiage et l’on entend une voix. Le poète visiblement travaille très fort et rien n’est laissé au hasard. Il a d’ailleurs atteint une maturité peu commune pour un premier livre, mais, quelque fois, sa voix tremble et fausse presque, et c’est là surtout qu’il m’intéresse!

 

ENTRETIEN, juin 2001

 

Bonjour Salah. Vous avez quitté l'Algérie depuis 1995. Quel place votre pays natal occupe-t-il dans votre cœur et dans Chant d'amour pour l'été ?  

 

Il faut bien dire pays natal parce que maintenant j'ai un nouveau pays, ça m'amuse beaucoup la notion de posséder un pays. En réalité c'est le pays qui nous possède. Maintenant, pour répondre à ta question, je dirai que l'Algérie occupe une grande place dans mon cœur. C'est une question de mémoire et de nostalgie surtout, parce que je suis imprégné de son soleil, de sa pluie et de son relief... C'est aussi tous mes souvenirs d'enfance, de famille, et de lutte.

Dans Chant d'amour pour l'été, mon pays natal a certainement fourni tout le substrat de l'image et tout le carburant de mon imaginaire ainsi que la chaleur du geste et de l'approche.  

Pourriez-vous expliquer aux Internautes l'essentiel de ce Chant d'amour pour l'été ? 

 

Chant d'amour pour l'été est une variation sur un aveu d'amour écrit, dit et livré à l'Aimée jour après jour pendant 365 jours. C'est un livre qui distille de l'amour-affection, de l'amour-sympathie et de l'amour-fréquentation à un merveilleux peuple que je n'ai cessé d'admirer depuis mon arrivée il y a six ans. C'est une œuvre conçue comme une perpétuelle approche amoureuse envers l'Aimée que j'offre tout reconnaissant pour répondre à la générosité, à la bonté et à la beauté des gens que j'ai côtoyés au Québec. 

Où situez-vous votre œuvre par rapport à la poésie algérienne et québécoise ? 

 

Je ne sais pas trop où je peux situer ma poésie par rapport à la poésie algérienne et québécoise. Il me semble que ce que j'écris est tout à fait différent de ce qui s'écrit présentement au Québec et en Algérie. J'ai développé une nouvelle forme d'écriture dans le domaine de la poésie en prose, elle reflète mes accents personnels et ma double appartenance. J'ai évolué dans deux genres différents d'écriture (la poésie en arabe et la poésie en français) depuis que j'ai commencé à écrire. Dans ce livre, il s'est produit un rapprochement de ces deux sphères d'influence dans mes écrits. J'ai réalisé une sorte de fusion des deux registres en menant une expérience de superposition de repères et de symboles en faisant éclater l'unicité de la dimension et de la référence. 

Vous avez enseigné pendant plusieurs années la chimie. Y a-t-il un lien dans votre démarche créatrice entre chimie et poésie ? 

 

Il y a en effet une relation très importante. Je puise beaucoup dans la science en général et dans la chimie en particulier dans mes écrits. La chimie m'a aidé à comprendre l'intimité de la matière, et c'est cette intimité qui m'intéresse. Quand je pense que nous sommes tous (le monde animal, le monde végétal et le minéral) constitués d'un nombre limité d'éléments primaires, je me sens très proche de la matière. Nous partageons en fait le même patrimoine matériel élémentaire, nous sommes, à partir d'un certain point de vue, tous semblables. Je réalise alors la petitesse de la dérive humaine, toutes ces tueries, tous ces massacres ne sont que des malentendus entre les éléments. L'intimité de la matière nous enseigne l'humilité. Nous sommes si petits devant l'univers que toute guerre, toute injustice qu'elle que soit sa raison paraisse absurde et superflue. Quand on dit il y a une certaine chimie entre deux personnes, on dit, en fait, qu'il y a une entente, une attirance, un amour peut-être entre ces deux personnes mais qu'on n'arrive pas à expliquer, un mystère qui rapproche deux êtres. C'est ce que la chimie a éveillé en moi le mystère des choses et des êtres.

 

Le poète Serge Patrice Thibodeau a écrit à votre sujet que vous délaissez « les discours vindicatifs de la plupart des poètes algériens contemporains », mais que vous refuser « le désespoir muet et l'inaction. » On pourrait trouver ces affirmations contradictoires si on les regarde hors du contexte actuel en Algérie. Pourriez-vous nous éclairez à ce sujet et nous expliquer de quelle manière vous êtes un poète « engagé » ?

C'est une question très intéressante parce que je ne sais pas moi-même quel est le sens de l'engagement en ce début de siècle. Être engagé, à mon humble avis, c'est aller au devant des obstacles qui empêchent l'être humain de se réaliser. Être en permanence éveillé et conscient de tout ce qui se passe dans le monde, prendre position. Être sur le front tout le temps. En ce sens je ne le suis plus. Maintenant ce qui m'intéresse c'est la notion d'amour, comment faire pour répandre de l'amour autour de nous. Comment répandre de l'amour entre musulmans et juifs, entre musulmans et chrétiens, entre tous les êtres humains finalement. Je sais que c'est une grande question, c'est justement ce qui me préoccupe en ce moment. 

Pensez-vous que l'Algérie connaîtra un avenir favorable prochainement ? De quelle manière la situation actuelle pourrait-elle s'améliorer ? 

L'Algérie sortira certainement de cette situation, c'est l'optimiste en moi qui parle. Maintenant pour la question de quelle manière la situation pourrait s'améliorer, à mon avis, il faut qu'il y ait une grande mobilisation à l'échelle internationale et une réelle volonté d'aide pour convaincre les gens du pouvoir et le peuple algérien de s'asseoir autour d'une table et de trouver un consensus. Une pression de l'extérieur contre les tenants du statu-quo en Algérie mariée à une aide effective de la part des pays riches encouragerait certainement à trouver une solution à ce grave problème.  

Quels sont vos projets futurs ? 

Travailler sur les trois autres saisons de Chant d'amour puis préparer un grand voyage pour l'Algérie où j'espère pouvoir écrire un livre sur le retour après sept ans d'exil.  


Lettres canadiennes, Volume 71, numéro 1, University of Toronto Quartely,

2000, p. 439, Chamberland, Roger, « poésie »

« La mémoire du soleil » (Hexagone) de Salah El Khalfa Beddiari est un recueil dense et fortement structuré, faisant appel aux formes fixes du quintil, du quatrain et du septain.

Poète algérien en exil et ayant choisi le Québec comme terre d'accueil après un bref séjour aux États-Unis, Beddiari s'est lié à Serge Patrice Thibodeau qui, dans la préface du livre, dresse le parcours biographique de ce poète venu à la poésie comme si celle-ci l'avait choisi. « La mémoire du soleil » est divisé en quatre sections qui sont comme autant de formes de mémoire : « Mémoires du désir », « Mémoires diffractées », « Mémoire éphémère » et « Mémoire épistolaire ».

Cette poésie circule entre l'Algérie et le Québec, fait le pont entre deux cultures diamétralement opposées, mais conjointes au plan des grandes questions métaphysiques qui habitent les hommes et les femmes vivant dans l'un ou l'autre de ces pays.

Grandiloquent et de construction serrée et rigoureuse, ce texte compte parmi les plus originaux publiés cette année. Depuis la disparition des Éditions Naaman de Sherbrooke, qui nous avaient habitués à lire ces poètes de la francophonie en exil pour la plupart au Canada, nous étions privés de ces voix exogènes qui tissent des liens souvent très forts avec leur nouveau pays d'adoption.

 

Le Journal Alpha mai – juin 2000

« La mémoire du soleil » Mustapha Chelfi

Il faut toujours se souvenir que la poésie, ce ne sont pas seulement des vers, ni des rimes mais d’abord un état d’esprit. Ëtre poète c’est d’abord dire non. Et ce refus. C’est quelque part l’aveu d’une révolte. C’est pour cette raison, essentiellement, que la poésie a ce pouvoir total sur l’esprit et l’imagination de l’homme. C’est pour dire et faire – car la poésie n’est pas seulement verbe – que le poète trempe sa plume dans l’encre amère des mots pour retrouver l’espoir au-delà de toute contingence.

Salah El Khalfa Beddiari vient de sortir un livre de poésie, La mémoire du soleil, aux éditions de l’Hexagone. Serge Patrice Thibodeau, dans une préface fouillée, croise itinéraire de l’auteur et jaillissement irrépressible du dire. L’évocation en est parfois émouvante : solitude à Washington, famille restée au bled, lettres – poésies sur des nappes de restaurants puis le train vers Montréal où le poète demande l’asile : « je taille ma plume/des roseaux d’or et des os des rameaux/ pour que cessent les tonnerres du sang/pour que cesse le feu ». Salah El Khalfa Beddiari a pris le temps de rassembler ses poèmes. Il avouait à son ami qu’il ne trouvait aucune « urgence à écrire » et que s’il le faisait, un jour, « ce sera lorsque je penserai être en mesure de faire honneur aux poètes que j’aime ».